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Minvoul : interdiction de parler d’un hôpital inachevé, un jeune homme traqué comme une gazelle par la DGR

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Ce qui se joue aujourd’hui à Minvoul dépasse largement le sort d’un jeune citoyen courageux. C’est un signal d’alarme grave, un symptôme inquiétant d’un Gabon qui semble dangereusement renouer avec les réflexes les plus sombres de son histoire récente.

Un jeune fils de Minvoul a commis ce qui devrait être, dans toute République digne de ce nom, un acte banal de citoyenneté : dénoncer, calmement, sans insulte ni diffamation, le retard scandaleux des travaux de l’hôpital départemental. Un chantier vital. Un enjeu de vie ou de mort pour des populations déjà éprouvées. Rien de plus. Rien de moins.

Mais au Gabon de 2025, parler devient risqué. Dire la vérité devient suspect. Montrer la réalité devient un motif de traque.

Depuis la viralité de sa vidéo, ce jeune Gabonais vit dans la peur. Appels anonymes, pseudo-convocations, pression psychologique, puis franchissement d’un seuil intolérable : des hommes se présentant comme agents de la Direction Générale des Recherches, en civil, débarquent au domicile familial, menacent, exigent qu’on leur « livre » le jeune homme, brandissent des cartes professionnelles et promettent de « sérieux problèmes ».

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L’hôpital inachevé

À quel moment le Gabon a-t-il basculé à nouveau dans cette logique de chasse à l’homme ?

Depuis quand dénoncer l’état d’un hôpital relève-t-il du pénal ?
Depuis quand la parole citoyenne est-elle traitée comme un acte subversif ?
Depuis quand une institution censée protéger l’État est-elle utilisée – ou se laisse instrumentaliser – pour intimider un citoyen sans mandat, sans convocation officielle, sans base légale claire ?

Ces questions sont graves. Elles engagent directement la crédibilité des nouvelles autorités.

Car c’est bien là le cœur du problème : ce Gabon-là n’est pas celui qui avait été promis aux Gabonais. Ce climat de peur, d’intimidation et de répression larvée rappelle dangereusement les méthodes honnis du régime d’Ali Bongo, que le peuple croyait avoir reléguées au passé le 30 août 2023.

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La restauration de la dignité du citoyen gabonais était l’un des piliers du discours du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Le respect des libertés, la fin de l’arbitraire, la rupture avec l’État intimidateur. Aujourd’hui, sur le terrain, les actes semblent contredire les paroles.

Chaque jour, un peu plus, les droits des citoyens sont piétinés.
Chaque jour, la peur gagne du terrain.
Chaque jour, la parole libre devient un risque calculé.

Est-ce donc cela, le Gabon nouveau ?
Un pays où l’on pourchasse un jeune pour avoir parlé de son village ?
Un pays où l’on intimide des familles au lieu de répondre aux urgences sanitaires ?
Un pays où l’on préfère faire taire les lanceurs d’alerte plutôt que terminer un hôpital ?

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L’opinion publique est en droit d’être inquiète. Très inquiète.

Car lorsqu’un État commence à confondre critique citoyenne et menace politique, lorsqu’il substitue la force à l’écoute, lorsqu’il répond à la misère par l’intimidation, il ne se renforce pas : il se délégitime.

Le silence, aujourd’hui, serait une complicité.
La peur, une capitulation.
Et l’acceptation de ces dérives, une trahison de l’espoir né de la transition.

Le Gabon n’a pas renversé un régime pour replonger dans une version plus sournoise de la répression.
Un État fort n’a pas besoin de traquer ses citoyens.
Il a le courage de les entendre.

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