Pendant l’inauguration à Libreville de l’Airbus A320 destiné à la nouvelle compagnie nationale Fly Gabon, un détail a fait déraper la communication gouvernementale : la nature réelle de l’appareil. Présenté en grande pompe comme un “acquis” flambant neuf, battant fièrement pavillon gabonais, l’avion n’est en réalité qu’un appareil vieux de 21 ans, passé entre plusieurs mains, et aujourd’hui… loué. Oui, simplement loué.
Interrogé à ce sujet, le ministre des Transports, Ulrich Mamfoumbi Mamfoumbi, s’est lancé dans un exercice d’équilibriste verbal. Visiblement mal à l’aise, il n’a pu masquer l’évidence : il ne s’agit en aucun cas d’un achat, contrairement à ce que la propagande gouvernementale avait voulu faire croire via ses influenceurs et médias complices.
Pis encore, au lieu de faire preuve d’honnêteté intellectuelle et de clarifier calmement la situation, le ministre s’en est violemment pris aux internautes et aux médias qui, eux, ont simplement fait leur travail : vérifier les faits. Il leur reproche d’avoir « enflammé la toile », alors qu’ils n’ont fait que pointer du doigt une tromperie évidente.
Un rapide détour par le site spécialisé Planespotters.net permet de constater que l’appareil a été exploité auparavant par d’autres compagnies et n’a rien de neuf. L’information était accessible en un clic. Pas besoin d’en faire tout un mystère.

Alors pourquoi avoir voulu camoufler une simple location en acquisition nationale glorieuse ?
Louer un avion n’a rien de honteux. C’est même une solution rationnelle dans un contexte économique fragile. Ce qui l’est, en revanche, c’est de déguiser cette opération banale en « victoire présidentielle », comme si elle traduisait une prouesse historique du régime.
En vérité, cette stratégie de communication dessert profondément le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema. Ce dernier, qui tente depuis sa prise de pouvoir de restaurer la confiance, n’a nul besoin de récits enjolivés ou d’histoires trafiquées pour briller. Ses actes parlent d’eux-mêmes. Ce sont les courtisans qui l’exposent au ridicule par leur excès de zèle.
Ce genre de manipulation sape la crédibilité de la 5e République. Il insulte l’intelligence du peuple, déjà éprouvé par des décennies de mensonges officiels. Il ridiculise la presse, étouffe l’esprit critique, et renforce le sentiment de défiance envers l’appareil d’État.
L’information publique ne doit pas être un tour de magie. Le peuple n’a pas besoin de poudre aux yeux. Il réclame vérité, clarté, respect. Le reste ? Du pur kounabelisme en haute altitude.
À ceux qui ont voulu vendre une illusion, un conseil : on ne construit pas la République sur des mensonges. Pour le président Oligui Nguema, et pour l’image de la transition, il est temps de mettre fin à cette culture de la manipulation.











