Le rôle d’un Gouvernement est clair : transformer les promesses en actions concrètes, garantir la sécurité et le bien-être de ses citoyens, et assurer le développement économique et social du pays. Mais au Gabon, ce rôle fondamental semble s’être volatilisé. Entre promesses non tenues, réformes inexistantes et cérémonies coûteuses, le Gouvernement donne l’impression de naviguer à vue, déconnecté des réalités et des attentes de la population. Le libre propos de Le Chef, Me Jacques ROUNGOU a pour ambition de dresser un constat sans concession de cette passivité alarmante.
Libre Propos accordé à Me Jacques ROUNGOU
‘’Dans d’autres pays, un Gouvernement a pour mission de mettre en œuvre le programme du candidat élu, de transformer les promesses en actions concrètes et d’apporter des réponses aux défis politiques, économiques et sociaux. Il doit définir des orientations stratégiques claires, mener des réformes, lancer des projets et adopter des lois qui améliorent la vie des citoyens et assurent le développement du pays.
Au Gabon, malheureusement, ce rôle essentiel semble n’être qu’un mirage.
La réforme des institutions, principale promesse martelée après le coup d’État, n’est jamais arrivée. Aucun plan stratégique concret n’a été présenté. La population attend toujours des réponses claires sur les projets sectoriels et les réformes promises.
Dans le domaine électoral, le Gouvernement brille par son immobilisme : la biométrie, censée sécuriser les élections, n’est toujours pas intégrée par le ministère de l’Intérieur. Quant à la transparence, elle semble n’être qu’un mot vide de sens.
Sur le plan social, le constat est encore plus accablant : santé, éducation, logement, emploi, lutte contre la vie chère… aucune réforme, aucun indicateur tangible, rien. À la place, le Gouvernement et ses acolytes paradent dans des cérémonies coûteuses et spectaculaires, préférant les flashs des caméras aux besoins réels de la population.
Côté sécurité, la passivité est criminelle. Les injustices se multiplient, les violences en milieu scolaire se banalisent, les crimes rituels et les tortures en prison se poursuivent, et les braquages s’enchaînent. La population vit dans la peur, tandis que le Gouvernement reste sourd et immobile.
Et sur le plan diplomatique et territorial, c’est le silence radio. Les îles Mbanié, Cocotier et Conga restent un dossier obscur. La communauté nationale attend de savoir ce que fait réellement le Gabon suite au rendu de la Cour internationale de Justice. Mais rien. Le Gouvernement semble ignorer ses devoirs de protection de la souveraineté et du respect des traités internationaux.
En résumé : promesses non tenues, réformes inexistantes, immobilisme sécuritaire et mutisme diplomatique. Voilà le bilan accablant du Gouvernement gabonais. Une institution qui devrait servir le peuple et protéger la Nation s’est transformée en machine à cérémonies et en spectateur passif des crises qui ravagent le pays.’’
Le bilan de Me Jacques ROUNGOU est sans appel : un Gouvernement qui échoue à réformer, à protéger et à écouter son peuple perd sa raison d’être. L’immobilisme, le mutisme et le détournement de l’action publique vers des spectacles budgétivores ne font qu’aggraver les crises sociales, sécuritaires et diplomatiques. Le Gabon mérite mieux : un Gouvernement qui assume ses responsabilités, agit avec courage et place les intérêts de la Nation et de ses citoyens au-dessus de tout.











