À quelques semaines de l’inauguration du Palais des conférences de la “Palais de la Démocratie”, l’appel lancé par les autorités gabonaises à la diaspora installée à travers le monde, y compris ses figures les plus critiques, continue de susciter de vives réactions. L’initiative, présentée comme un geste d’ouverture nationale, est perçue par certains acteurs comme une opération politique aux motivations ambiguës.
Parmi les voix les plus critiques, celle du Prince Adouma David Mberakouma, connu comme “la Voix des sans voix”, se distingue par la fermeté de son analyse. Il estime que cette invitation adressée aux activistes de la diaspora relève davantage d’un calcul politique que d’une véritable démarche de réconciliation nationale.

Un “aveu d’échec” selon David Mberakouma
Dans sa déclaration, il affirme :
« L’invitation soit dit des activistes jusqu’auboutistes de la diaspora gabonaise est un aveu d’échec pour les initiateurs de cette démarche sulfureuse, car cette parade d’inauguration du Palais de la Démocratie ne peut pas servir d’alibi pour se rapprocher de ces leaders d’opinions qui ont un sens élevé des valeurs démocratiques et humaines. »
Pour lui, cette initiative traduit une difficulté du pouvoir à maintenir un dialogue crédible avec une diaspora critique et influente.
Une démocratie en recul, selon l’activiste
David Mberakouma dresse également un constat sévère de la situation politique actuelle :
« La démocratie pluraliste apaisée gabonaise était comptée parmi les plus dynamiques de la sous-région, aujourd’hui elle n’est plus que le reflet de l’uniformisme, la standardisation de la pensée unique, le conformisme qui confine le peuple vers l’apathie et la morosité. »
Il évoque par ailleurs un climat politique marqué, selon lui, par des restrictions des libertés publiques et des dérives institutionnelles :
« Les libertés publiques sont restreintes. Les procédures judiciaires sont bâclées. On assiste au règne de la terreur car les nouveaux tenanciers du pouvoir accusent, matraquent et emprisonnent sans gêne. »
Une critique globale du système
Dans son analyse, il élargit la critique à la situation sociale et économique :
« Notre essor vers la félicité n’est plus qu’un lointain leurre, un slogan baroque publicitaire de campagne qui n’a servi que d’illusion pour les populations clochardisées qui vivent dans l’extrême indigence, pauvreté, misère et précarisation. »
Le Palais de la Démocratie au cœur de la polémique
Le symbole même du projet, le Palais de la Démocratie, est également remis en cause dans sa portée réelle :
« Le Palais de la Démocratie est un espace de discrimination sociale comme la Baie des Rois et la Sablière. »
Une tension politique persistante
Alors que les autorités présentent cette inauguration comme un moment d’unité nationale et d’ouverture, les critiques de David Mberakouma mettent en lumière une fracture persistante entre le pouvoir et une partie de la diaspora.
Dans ce contexte, l’événement apparaît déjà comme un test politique majeur, révélateur des tensions profondes qui traversent encore la scène nationale.






