Ad image

Les bus de la victoire : chronique d’un braquage électoral version Mays Mouissi

2.8k vues
3 Min Read

On croyait avoir tout vu en matière d’élections tropicalisées : urnes baladeuses, procès-verbaux réécrits façon roman policier, et même électeurs fantômes ressuscités pour la patrie. Mais l’épisode Mays Mouissi contre Maf10 restera sans doute dans le panthéon de la politique burlesque.

Face à Maf10, vieux briscard du PDG, ancien ministre et véritable dinosaure politique qui s’imagine encore que son nom seul suffit à hypnotiser les foules, le petit Moussi de l’UDB a sorti une arme fatale : le transport en commun. Pas de meetings interminables, pas de slogans pompeux, encore moins de promesses qu’on oubliera le lendemain. Non, Moussi a choisi l’option « bus express », version XXL.

Imaginez la scène : des dizaines de bus, minibus, et même quelques taxis clandestins, tous réquisitionnés pour l’occasion, déversant une marée d’électeurs importés comme des sacs de manioc au marché. Les bureaux de vote, d’habitude calmes comme une messe sans fidèles, se sont transformés en terminaux de gare. « Terminus ! Tout le monde descend voter Mouissi ! » criait-on presque, dans une ambiance digne d’un concert gratuit.

Le petit Moussi de l’UDB a sorti une arme fatale : le transport en commun

- Publicité -


Pendant ce temps, Maf10, sûr de son assise locale, sirotait sa victoire en avance. Il pensait que ses électeurs, fidèles comme des paroissiens du dimanche, allaient lui dérouler le tapis rouge. Mais quand les bus de Mouissi ont commencé à cracher leurs cargaisons d’électeurs « made in ailleurs », la victoire locale de Maf10 s’est évaporée comme une bière tiède au soleil.

une marée d’électeurs importés comme des sacs de manioc au marché

Résultat des courses : Mouissi a largué Maf10 avec un score de championnat. Une victoire cash, sans suspense, sans prolongations. Maf10, médusé, n’a même pas eu le temps de dégainer ses vieilles ficelles électorales. Le stratège croyait jouer aux échecs, il s’est retrouvé dans une partie de Monopoly où Mouissi possédait déjà toutes les gares.

Moralité de l’histoire ? En politique gabonaise, celui qui contrôle les bus contrôle les urnes. Les militants ? Accessoires. Les discours ? Optionnels. La démocratie, elle, roule désormais au diesel et au klaxon.

- Publicité -
Share This Article
Quitter la version mobile