Ah, la fameuse 5ᵉ République du Gabon nouveau… On nous l’avait vendue comme celle du changement, de l’équité et du respect des règles. Mais à en croire certains témoignages, elle ressemble plutôt à un guichet automatique de la démocratie, où les uns attendent des heures pour faire les choses correctement pendant que d’autres obtiennent tout en un éclair, comme s’ils retiraient des billets à un distributeur. C’est en tout cas ce que dénonce, avec une ironie mordante et une colère bien sentie, Madame veuve Anna Claudine Mavioga, sénatrice de la Transition et présidente du BDC, dont la liste de candidature aux élections locales et législatives n’a pas été validée. Un scrutin crucial pour elle, puisqu’il marquera la fin de son mandat transitoire : désormais, ce poste ne sera plus obtenu par nomination, mais bien par le vote des citoyens.
Déclaration :
« Pendant que des citoyens font la queue pendant des heures, papiers en main, pour obtenir une procuration dans les règles, d’autres… se servent en 3 minutes chrono, comme à un distributeur bancaire. Service express réservé à qui ? On se demande bien… Et on ose appeler ça la 5ᵉ République du Gabon nouveau ? Une République de la triche organisée, des passes-droits et du mépris total pour l’égalité entre citoyens ? Le changement promis ressemble furieusement à une mauvaise rediffusion du passé. »
Alors, si la 5ᵉ République veut vraiment être « nouvelle », il va falloir qu’elle révise son mode d’emploi : une démocratie n’est pas un drive-in où certains passent commande sans descendre de voiture pendant que les autres poireautent au guichet. Sinon, on risque bientôt de voir apparaître une nouvelle devise nationale : « Liberté, Égalité… et Coupe-file pour les bien branchés ! »
Et pour Madame Mavioga, ce constat a une saveur encore plus amère : car si la démocratie doit remplacer la nomination, encore faudrait-il qu’elle commence par donner à tous les candidats les mêmes chances de participer au jeu.
