Le premier vol d’Afrijet à Oyem : un vol pour les « Mamadou », pas pour les « Makaya »

L’annonce de ce nouveau service semblait promettre une connectivité renforcée et des opportunités de voyage abordables pour tous les Gabonais. Malheureusement, cette vision d’un transport aérien accessible à tous s’est rapidement évaporée lorsque les prix des billets ont été dévoilés, allant de 50 000 à 200 000 FCFA. Ces tarifs, exorbitants pour la plupart des ménages gabonais, ont immédiatement exclu une grande partie de la population de cette expérience de voyage.

Il est indéniable que l’initiative d’Afrijet de lancer ce nouveau service est louable. Cependant, il est tout aussi indéniable que cette louable initiative est cruellement exclusive. En limitant l’accès aux vols commerciaux aux seuls individus aisés capables de se permettre de tels tarifs, Afrijet a trahi l’esprit même du voyage aérien, qui devrait être un moyen de rapprocher les gens, de favoriser le commerce et de renforcer les liens entre les régions.

Ce que cela révèle, c’est un système dans lequel les inégalités économiques dictent qui peut accéder aux avantages du progrès. Le transport aérien, autrefois considéré comme un symbole de modernité et d’accessibilité, est devenu un privilège réservé à une élite fortunée.

Images du vol inaugural de l’aéroport d’Oyem , version CTRI ( en bas à droite , avec les lunettes le père du chef de l’État)

Pourtant, il y a de l’espoir à l’horizon. Avec la promesse d’une nouvelle société de transport aérien gabonaise desservant l’ensemble des capitales provinciales du pays dans les jours à venir, il reste à voir si cette entreprise sera véritablement au service de tous les Gabonais. Il est impératif que cette nouvelle initiative soit guidée par des valeurs d’inclusion et d’égalité, et non pas par des motivations purement lucratives.

Le gouvernement gabonais ne doit pas rester indifférent à cette situation. L’argent du contribuable ne devrait pas être dépensé pour mettre en place des entreprises qui ne profitent qu’à une minuscule fraction de la population. Au contraire, il devrait être investi dans des projets qui bénéficient à l’ensemble de la société, en garantissant que le progrès ne laisse personne derrière.

Le vol inaugural de Afrijet entre Libreville et Oyem devrait servir de réveil brutal à la réalité de l’inégalité dans notre société. Il est temps que les dirigeants, tant du secteur privé que du secteur public, reconnaissent leur responsabilité de garantir que les fruits du développement économique et technologique soient accessibles à tous, et non pas seulement à une élite privilégiée. Le ciel ne devrait pas être réservé aux « Mamadou », mais plutôt être un horizon d’opportunité ouvert à tous les Gabonais, quelle que soit leur origine sociale ou économique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *