Depuis l’incarcération de Alain Claude Bilie-By-Nze, plusieurs voix françaises députés, ONG et organisations de défense des droits humains dénoncent ce qu’elles considèrent comme une détention arbitraire. Immédiatement, une armée de défenseurs du régime de Brice Clotaire Oligui Nguema est montée au créneau pour dénoncer une prétendue « ingérence française » dans les affaires internes du Gabon.
Mais cette indignation soudaine soulève une question simple : où étaient ces pseudo-souverainistes lorsque le nouveau pouvoir gabonais ouvrait grand ses bras à la France ?
Où étaient-ils lorsque le président gabonais multipliait les rapprochements diplomatiques avec Emmanuel Macron ? Où étaient leurs discours contre la « Françafrique » lorsque Libreville déroulait le tapis rouge aux intérêts français ? Où étaient leurs leçons de patriotisme lorsque le régime recherchait reconnaissance, soutien et respectabilité auprès de Paris ?
La vérité est plus simple qu’ils ne veulent le faire croire : certains ne combattent pas l’ingérence. Ils combattent uniquement les critiques qui dérangent leur camp.
Car enfin, on ne peut pas afficher une proximité assumée avec la France, bénéficier de son soutien diplomatique, entretenir des relations politiques étroites avec elle, puis soudainement crier au colonialisme dès qu’une voix française évoque une atteinte aux libertés ou aux droits humains au Gabon.
Cela porte un nom : l’hypocrisie politique.
Le plus ironique dans cette affaire, c’est que ceux qui insultent aujourd’hui la France au nom de la souveraineté sont souvent les mêmes qui applaudissent chaque photo officielle, chaque poignée de main, chaque accord militaire ou économique avec Paris lorsque cela sert les intérêts du pouvoir. Une souveraineté à la carte. Un panafricanisme de circonstance. Un nationalisme de réseaux sociaux.
Le Gabon ne peut pas vouloir les avantages de sa relation avec la France tout en rejetant les conséquences diplomatiques et politiques de cette proximité. Lorsqu’un État choisit d’entretenir des liens privilégiés avec une puissance étrangère, il accepte aussi que celle-ci réagisse sur certains sujets sensibles, notamment lorsqu’il est question des droits fondamentaux ou du sort d’un ancien Premier ministre.
On ne peut pas inviter quelqu’un dans son salon et lui interdire ensuite de commenter ce qu’il y observe.
Pendant que certains agitent le drapeau de la souveraineté pour défendre aveuglément le régime, beaucoup de Gabonais constatent surtout une chose : la justice semble devenir de plus enplus politique, et toute voix critique est rapidement présentée comme ennemie de la nation.
Le vrai patriotisme ne consiste pas à défendre un homme ou un régime envers et contre tout. Le vrai patriotisme consiste à défendre des principes : l’État de droit, une justice équitable, les libertés publiques et la cohérence politique.
Le reste n’est souvent qu’une agitation numérique bruyante : beaucoup de slogans, beaucoup de postures, mais très peu de cohérence.






