Une publication récemment consacrée à la présence de la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong, à Ngouoni dans le Haut-ogooué suscite de nombreuses interrogations. Présenté comme une information, l’article affirme notamment que la ministre aurait été « sèchement réprimandée » par le chef de l’État après s’être rendue à Ngouoni dans ce qui est présenté comme le cadre privé de ses vacances.
Des accusations particulièrement lourdes, mais dont les éléments de preuve ne sont à aucun moment exposés. Qui était présent ? Quelle est la source de cette prétendue scène ? Quels propos auraient réellement été tenus ? Et surtout, sur quels faits vérifiables repose cette affirmation ?
La question est d’autant plus importante que la présence de Laurence Ndong à Franceville aurait été liée à des activités associatives. À la tête d’une association regroupant des ressortissants de son département, la ministre est amenée à participer à différentes rencontres avec d’autres organisations et leurs responsables. Son déplacement aurait ainsi eu lieu dans le cadre des activités de l’association Tsoumou, dont le chef de l’État est le parrain.
Dès lors, présenter cette présence comme une volonté de « s’inviter » dans les vacances présidentielles apparaît pour le moins discutable. L’utilisation du conditionnel ne suffit pas à transformer une rumeur en information, surtout lorsqu’elle met directement en cause l’honneur et la réputation d’une personnalité publique.
Cette affaire soulève également une question qui concerne directement les hauts cadres et responsables de l’Ogooué-Ivindo. Lorsqu’une plateforme locale publie un contenu aussi virulent contre une membre du gouvernement, dans un contexte aussi sensible, pourquoi ne pas chercher à vérifier les faits, à entendre les différentes parties ou à demander des explications aux responsables concernés ?
Il ne s’agit évidemment pas de réclamer la censure d’une publication. Il s’agit de rappeler une exigence élémentaire : lorsqu’une accusation est susceptible de porter gravement atteinte à la réputation d’une personne, la vérification et le contradictoire doivent primer sur la rumeur.
Cette publication interpelle d’autant plus qu’elle intervient alors que l’Ogooué-Ivindo accueille les célébrations de la Fête de la Libération, avec la participation de membres du gouvernement et de nombreux Gabonais venus de différentes provinces. Dans un tel contexte, ce rendez-vous national aurait pu être davantage consacré au rassemblement et à la fraternité plutôt qu’à la diffusion d’une accusation dont les fondements restent à démontrer.
La liberté de la presse est essentielle, mais elle implique également une exigence de rigueur et de responsabilité. Lorsqu’une accusation aussi grave est publiée, le public est en droit de connaître les sources et les éléments qui la fondent.
Si Laurence Ndong estime que cet article porte atteinte à son honneur et à sa réputation, la justice constitue le cadre approprié pour établir les faits et déterminer les responsabilités. Si les faits sont avérés, leurs auteurs doivent pouvoir les documenter. S’ils sont faux, ceux qui les ont fabriqués ou relayés devront en répondre.
Au-delà du cas de la ministre, une question demeure donc : qui se cache derrière cette publication et à qui profite réellement une telle accusation ?





