La Haute Autorité de la Communication a sorti l’artillerie lourde. Objectif : neutraliser les réseaux sociaux pour préserver l’ordre, la cohésion, la morale numérique et probablement la paix mondiale pendant qu’on y est.
Résultat ? Les images sont au tapis. Les notes vocales en quarantaine.
Les vidéos aux arrêts.
Mais les messages écrits, eux, paradent tranquillement.
Car oui, surprise : la rumeur sait écrire.
La diffamation tape au clavier.
La désinformation ne dépend pas d’un filtre HD.
Pendant qu’on bombarde les plateformes, 70 % des internautes continuent de communiquer par texte.
Et pendant qu’on célèbre la “victoire”, les VPN s’installent en silence sur les téléphones. Discrets.
Efficaces. Presque reconnaissants.
Aujourd’hui, ils sont quelques milliers.
Demain, ils seront partout.
Après-demain, la coupure ressemblera à une simple formalité administrative contournée en trois clics.
Alors la question se pose : s’agit-il d’une véritable stratégie ou d’un coup d’éclat symbolique ?
Parce qu’en matière de dérives numériques, la solution n’a jamais été de punir tout un pays.
La vraie riposte s’appelle identification, interpellation, justice. On sanctionne les contrevenants, pas les connexions.
À ce rythme, la prochaine étape sera peut-être de suspendre l’alphabet.
Ou mieux : arracher les téléphones à tous les Gabonais pour sauver la République .
Mais attention…
Même sans réseau, il reste toujours la parole.
Et ça, aucun bombardement numérique ne peut vraiment l’éteindre.
