La justice congolaise frappe fort. L’ancien président Joseph Kabila, longtemps présenté par certains comme un « pacificateur » ou un stratège politique, se retrouve aujourd’hui menacé de la peine capitale. Jugé par contumace pour complicité avec le groupe armé M23, il est accusé de crimes de guerre, de trahison et de préparation d’un coup d’État contre Félix Tshisekedi.
Le général Lucien René Likulia, représentant du ministère public, ne mâche pas ses mots : Kabila serait responsable de l’horreur qui s’abat sur l’Est du pays, de Goma à Bukavu, où les massacres, pillages et déplacements de population se multiplient. En soutenant et coordonnant le M23, il aurait transformé ces territoires en champ clos de violences, tout en prétendant vouloir « contribuer à la paix ».
La réquisition de la peine de mort n’est pas symbolique : elle souligne l’ampleur du crime. Plus qu’un ancien président exilé à l’étranger, Kabila est présenté comme un conspirateur, prêt à sacrifier la vie de milliers de Congolais pour ses ambitions politiques et son contrôle sur les ressources de l’Est.
Le procès militaire, ouvert à Kinshasa le 25 juillet, révèle l’étendue de la trahison : derrière le masque de l’homme d’État, se cache un acteur principal du chaos. Selon le ministère public, il aurait planifié, avec l’aide du Rwanda et de complices comme Corneille Nangaa, de renverser le régime constitutionnel par la force.
Si la peine de mort venait à être confirmée, ce serait un signal historique : en RDC, aucun dirigeant ne pourra plus se croire au-dessus des lois. Le peuple congolais, qui a trop longtemps souffert de la soif de pouvoir de ses élites, pourrait enfin voir justice être rendue.
Mais au-delà de la sentence, le procès de Kabila est une mise en garde : les crimes politiques et les ambitions personnelles qui détruisent des vies ne resteront pas impunis. La corde qui menace aujourd’hui Kabila symbolise la colère d’un peuple dont le sang a trop longtemps été versé pour servir des ambitions égoïstes.
Source AGP
