Huit mois de promesses, d’espoirs et… de portes qui claquent au nez. Isaac Abaga Oubian, compatriote de la diaspora revenu de France pour répondre à l’appel présidentiel, fait ses valises. Sa mission patriotique a tourné court, étouffée par ce que certains appellent pudiquement les « faiseurs de roi » du pouvoir gabonais.
Arrivé avec le cœur plein de bonnes intentions, M. Abaga Oubian a frappé à toutes les portes officielles : la Secrétaire générale de la Présidence, les ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Intérieur, le Commandant en chef de la Garde républicaine… Même le PNPE a vu sa candidature, espérant une issue honorable. Rien n’y a fait. Tous les bureaux étaient verrouillés par une main invisible, une bureaucratie sélective où le mérite se heurte au favoritisme.
« Il y a une main noire qui agit derrière puissamment », soupire-t-il. Et cette main, c’est celle des nouveaux « faiseurs de roi », véritables gardiens du temple de l’exclusion, maîtres dans l’art de dire “bienvenue” avec une main et de vous bloquer avec l’autre. Hier, c’étaient les Black Boys, la Young Team ; aujourd’hui, leurs héritiers perpétuent la tradition : filtrer, trier, étouffer tout élan citoyen.
Huit mois de démarches, d’attente et de démarches vaines. Huit mois sans revenu, alors qu’une famille attend en France. Et, comme souvent au Gabon, le patriote qui veut construire se retrouve piétiné par les règles invisibles des barons de l’ombre.
Isaac Abaga Oubian quitte le Gabon, le cœur lourd mais l’esprit lucide. Son expérience est une leçon pour tous : l’appel présidentiel est sincère, mais derrière lui, le pays est encore assiégé par des bureaucrates et “faiseurs de roi” qui préfèrent protéger leurs privilèges plutôt que servir la nation.
Le Gabon peut-il changer ? Peut-il accueillir ceux qui veulent réellement contribuer à son développement ? Pour l’instant, la diaspora, même motivée et compétente, découvre qu’ici, patriotisme rime parfois avec patience forcée et humilité imposée. Huit mois d’humiliation, et le pays a perdu un fils volontaire.
