Libreville a récemment assisté à un véritable spectacle politique et social : hier, les Toyota Yaris venues du Cameroun déclenchaient panique et colère. Les fameux activistes gabonais s’étaient alors mobilisés avec un courage… presque théâtral. Certains étaient prêts à en venir aux mains, à presque agresser les conducteurs camerounais, tout cela au nom d’un supposé patriotisme économique et de la protection du joyau national, Taxigab.
Aujourd’hui, surprise totale : les taxis électriques maliens débarquent en ville, flambant neufs, écologiques et modernes… et que font ces activistes ? Rien. Pas un cri, pas un mot. Silence complet. Les comptes Twitter et pages Facebook qui rugissaient hier sont désormais muets. Comme par magie, la défense du patriotisme s’est envolée.
Dans un pays où chaque projet étranger est habituellement accueilli par des montagnes de licences et de contrôles, ces taxis maliens traversent Libreville comme un bateau sur l’eau, sans aucune résistance. Et Taxigab ? Il observe, impuissant, pendant que le “protectionnisme” semble s’appliquer au choix.
Alors, que deviennent ces héros autoproclamés du patriotisme gabonais ? Les mêmes qui s’étaient mobilisés contre les Yaris camerounaises, prêts à défendre la fierté nationale… ils ont mystérieusement disparu. Fermeture totale de la bouche, disparition soudaine du courage numérique. Ironie du sort, humour de la politique gabonaise, ou simple double standard bien pratique ?
Taxigab, lui, reste là, au milieu de ce feuilleton absurde. Le patriotisme s’éteint, l’ombre des Maliens s’installe, et les spectateurs rient, perplexes et amusés.
Une chose est sûre : dans ce théâtre, certains applaudissent, d’autres observent, mais les véritables réponses restent, comme toujours, bien cachées derrière le rideau de la comédie gabonaise.
