Le Gabon traverse une période critique de son histoire. La transition devait restaurer la justice, l’État de droit et l’unité nationale. Mais au lieu de cela, des discours d’une gravité extrême circulent librement, sans qu’aucune autorité ne réagisse. Cette complaisance des pouvoirs publics face à la haine ethnique est inacceptable et dangereuse.
Deux noms émergent dans ce scandale : Philippe Wazangoye et Wilfried Okoumba, tous deux du Haut-Ogooué. Ces hommes tiennent régulièrement des propos haineux, ciblant la communauté Fang. Et ce ne sont pas de simples opinions politiques : ils appellent ouvertement à la violence, voire à l’extermination d’un peuple.
Dans le cas de Philippe Wazangoye, le témoignage de M. Onkana Leboussa, natif du Haut-Ogooué et proche de longue date de Wazangoye, confirme l’ampleur des attaques verbales. Wazangoye n’épargne ni les personnalités politiques ni les Fang, et le fait avec une audace qui choque. Ce signalement, provenant de son propre cercle social, ne laisse aucun doute : ses propos sont bien réels et dangereux.
Pour Wilfried Okoumba, c’est pire encore. Depuis plus de deux ans, il diffuse des messages haineux sur les réseaux sociaux, sans qu’aucune enquête ne soit ouverte. Mieux encore, il s’affiche publiquement aux côtés du Chef de l’État à Paris en 2023, donnant le sentiment que certaines communautés bénéficient d’une protection spéciale. Cette impunité flagrante envoie un message catastrophique : certains peuvent tout dire et tout faire sans jamais être inquiétés.
Pendant ce temps, des citoyens comme Bob Mengome et Junior Ndong Ndong sont arrêtés et jetés en prison pour des propos bien moins graves. Cette justice à deux vitesses est scandaleuse et profondément dangereuse. Elle montre que dans ce pays, l’appartenance ethnique ou les relations politiques peuvent vous placer au-dessus de la loi, tandis que le reste du peuple subit la répression.




Ci-dessus, de gauche à droite, puis de haut en bas : Xavier Junior Ndong Ndong, Bob Mengome, Philippe Wazangoye et Wilfried Okoumba.
Le danger est réel et immédiat : ce n’est pas la diversité ethnique qui menace le Gabon, mais l’injustice et le favoritisme systématique. Quand certains semblent intouchables et que d’autres sont écrasés pour des fautes mineures, le tissu social se fissure, la colère monte et la confiance envers l’État disparaît.
Cette complaisance des autorités face aux discours haineux est un poison pour la Nation. Elle nourrit frustration, peur et méfiance, et crée des fractures profondes, difficiles à réparer. Laisser prospérer la haine tout en punissant ceux qui la dénoncent, c’est institutionnaliser un système de deux poids, deux mesures. C’est un crime contre la paix nationale et l’unité du pays.
La République gabonaise ne doit reconnaître que des citoyens égaux devant la loi. Si certains peuvent tenir des propos haineux en toute impunité, alors tout le système est en faillite. Les autorités doivent agir immédiatement, sanctionner les coupables, et envoyer un message clair : la haine ethnique ne sera jamais tolérée.
Tolérer la haine, c’est déjà la légitimer. Protéger ceux qui la propagent, c’est affaiblir le pays tout entier. Le Gabon ne peut se permettre ce jeu dangereux : la paix et l’unité nationale sont trop précieuses pour rester entre les mains d’autorités aveugles et complaisantes.











