Il faut arrêter de tourner autour du pot : un pays où le peuple a faim, meurt dans des hôpitaux sans médicaments et où les jeunes diplômés mendient du travail n’est pas un pays en construction. C’est une illusion. Un décor de cinéma. Une vitrine soigneusement frottée pour cacher une arrière-boutique qui pue l’abandon, la misère, et l’injustice.
On peut bien multiplier les conférences, les sermons, les slogans, les inaugurations et même les procès à sensation… mais tant que les Gabonais ne mangent pas à leur faim, tout cela n’est que comédie. Une mise en scène pour calmer une population qu’on espère docile.









Un pays où le peuple a faim, meurt dans des hôpitaux sans médicaments et où les jeunes diplômés mendient du travail n’est pas un pays en construction. C’est une illusion
Des prix qui explosent, des vies qui s’effondrent
On demande aux Gabonais de “tenir”, de “patienter”, de “faire confiance”, pendant que le sac de riz passe de 8 000 F à 20 000 F un niveau jamais vu. Pendant que l’huile de cuisine se transmue en liquide de luxe. Pendant que le carton de poulet grimpe à 15 000 F et que même le sel, oui le SEL, est devenu un produit de guerre.
Et pour ajouter l’horreur au scandale, on entend dire que certains riz seraient mélangés à du plastique, que certaines huiles seraient saturées de cochonneries dangereuses. Un peuple affamé est déjà fragile ; un peuple empoisonné est un peuple sacrifié.
De l’eau au prix de l’or
Comment expliquer que dans un pays béni de pluies, de rivières, de ressources en eau innombrables, il faille 5 à 10 millions de francs CFA pour creuser un forage ?
Comment expliquer que dans d’autres pays d’Afrique qui ne roulent pourtant pas sur l’or le même ouvrage coûte 300 000 à 500 000 F ?
C’est simple : au Gabon, tout devient business. Même l’eau. Même la survie.
Des prix lunaires : exploitation organisée ou incompétence légalisée ?
Une lampe solaire vendue 85 000 F ici, 13 000 F au Cameroun.
Une simple ampoule transformée en objet de luxe.
Alors oui, il est légitime de demander :
Qui se gaver derrière les marges ? Qui profite de cette surenchère ? Qui cautionne ce vol organisé, parfaitement visible, parfaitement assumé ?
Et pendant ce temps… on occupe le peuple avec des procès-spectacles
On veut faire croire au peuple que le changement est en marche. Que la justice se dresse fièrement. Que les “pilleurs d’hier” tombent enfin.
Mais ce ne sont que des simulacres de justice. Des procès-miroirs. Des parodies savamment orchestrées pour donner l’impression qu’on nettoie le pays.
La vérité est simple :
Tant que les Gabonais ont faim, ces procès ne valent rien. Tant que les femmes accouchent au milieu des draps sales faute de matériel, ces procès ne valent rien. Tant que les malades meurent faute d’un anti-inflammatoire, ces procès ne valent rien. Tant que les enfants apprennent sur des tables cassées, ces procès ne valent rien. Tant que les jeunes diplômés traînent dans les quartiers, oubliés, humiliés, ces procès ne valent strictement rien.
On ne gouverne pas avec des effets de manche.
On ne reconstruit pas un pays avec des shows télévisés judiciaires.
On ne change pas une nation en exhibant quelques têtes sur l’échafaud médiatique.
Bâtisseur ? De quoi exactement ?
On entend dire que certains se proclament “bâtisseurs”.
Bâtisseurs, vraiment ?
On n’est pas un bâtisseur parce qu’on a construit des immeubles, pendant que le peuple a faim.
On n’est pas un bâtisseur quand les hôpitaux sont des mouroirs.
On n’est pas un bâtisseur quand les écoles sont des ruines.
On n’est pas un bâtisseur quand la jeunesse diplômée se noie dans le chômage.
On n’est pas un bâtisseur quand la seule ambition qu’on offre aux jeunes, c’est de patienter ou d’émigrer.
Ces immeubles flambant neufs, érigés à coup de milliards, sont des montagnes qui cachent la forêt de souffrances du peuple.
De loin, ils impressionnent.
De près, ils insultent.
Car derrière ces façades brillantes, le Gabon profond crie, saigne, attend, meurt.
Le commerce local agonise tandis que les nouveaux prédateurs prospèrent
Aujourd’hui, des enseignes comme Cecado, CKDO, Gaboprix, Gros CKDO, Gadis des structures qui ont longtemps permis aux Gabonais de survivre malgré l’anarchie économique menacent de fermer.
Et pendant ce temps, des nouveaux commerçants sans scrupules, obsédés par le profit, s’enrichissent sur le dos d’un peuple exsangue.
Ils spéculent.
Ils imposent leurs prix.
Ils étranglent silencieusement les ménages.
Et personne ne dit rien.
Personne n’encadre.
Personne ne régule.
Un pays ne peut pas survivre en laissant mourir son peuple
La question est simple, brutale, incontournable :
Si le peuple devient un mouroir, qui restera-t-il à gouverner demain ?
Le progrès n’est pas une façade.
Le changement n’est pas un slogan.
La justice n’est pas un spectacle.
La construction d’un pays ne se résume pas à des immeubles qui poussent alors que les ventres se vident.
Le Gabon ne sera véritablement libéré que le jour où le dernier Gabonais pourra manger, se soigner, apprendre et travailler dignement.
Pas avant.
Jamais avant.






