Dans une sortie qui sonne comme un rappel à l’ordre, Me Jacques Roungou a convoqué Thomas Sankara pour secouer les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) du Gabon : « Un militaire sans instruction politique est un criminel en puissance ». Une phrase qui résonne comme une gifle dans un pays où l’armée a trop souvent confondu protection de la Nation et loyauté envers un régime.
Roungou souligne que, dans une démocratie digne de ce nom, « les Forces de Défense et de Sécurité servent à protéger le territoire et les populations, à défendre les institutions et les droits fondamentaux ». Autrement dit, elles ne sont pas des gardes du corps d’un pouvoir fragile, mais des garantes d’un État fort.
Roungou rappelle une évidence, mais qui, au Gabon, a parfois été oubliée : « Elles ne sont pas et ne devraient pas être les ennemis ou les bourreaux des populations quelles que soient leurs revendications ». Or, constate-t-il, chaque fois que le peuple dénonce la fraude électorale ou les abus des dirigeants, ce ne sont pas les tribunaux qui répondent, mais les matraques.

Même constat pour la police et la gendarmerie. Leur mission est claire : « assurer la sécurité des personnes et des biens, prévenir la criminalité et maintenir l’ordre public ». Mais face aux enlèvements non élucidés et aux crimes rituels qui alimentent l’angoisse collective, elles brillent surtout par leur inertie. « Elles ne devraient pas fermer les yeux », insiste-t-il, rappelant que l’inaction finit par ressembler à une complicité.
Roungou met en garde : « Les FDS sont les garantes des Institutions qui fondent l’État de Droit Démocratique ». Mais lorsque ces mêmes forces sont happées par les trafics, les règlements de comptes ou la défense d’intérêts particuliers, elles ne défendent plus la République. Elles ternissent son image. Et cette image, déjà écornée par des décennies de compromissions, finit par peser lourdement aux yeux de la communauté internationale.
« Elles ne doivent être complices d’aucune action susceptible de ternir l’image du Gabon », prévient Roungou. La sécurité et la stabilité ne se décrètent pas à coups de fusils, elles se construisent par la confiance et la justice.
Mais Roungou ne s’arrête pas au constat. Il fixe un horizon : « Que la fin de la transition militaire à travers l’organisation des élections législatives couplées aux locales du 27 septembre et octobre 2025 soit une référence sous-régionale ».
En clair, si le Gabon veut inspirer le respect dans la sous-région, il devra prouver que ses forces armées savent redevenir ce qu’elles auraient toujours dû être : un rempart contre le chaos, et non les sentinelles d’un trône.
En citant Sankara, l’avocat plante le décor : « Le militaire sans conscience politique devient une menace ». À bon entendeur, les urnes de 2025 diront si ce message a été entendu.











