La réforme s’annonce comme un véritable séisme dans l’administration gabonaise. En ouvrant les travaux de validation du nouveau Statut général des fonctionnaires et du nouveau Statut de la Fonction publique, la ministre Laurence Ndong a annoncé la couleur : l’ère des privilèges, de l’absentéisme et des promotions automatiques est appelée à prendre fin.
Devant des représentants venus de l’ensemble des administrations, la ministre n’a pas choisi la langue de bois. Elle a défendu une réforme qu’elle présente comme l’une des plus importantes depuis l’avènement de la Ve République, expliquant que l’administration gabonaise ne pouvait plus continuer à fonctionner avec des règles héritées d’une autre époque.
Le message est clair : désormais, la présence effective au travail, les résultats et le mérite devront primer sur les automatismes.
Les fonctionnaires absents sont dans le viseur
L’un des passages les plus marquants du discours concerne les agents qui perçoivent leur salaire sans exercer effectivement leurs fonctions.
Pour Laurence Ndong, l’État ne peut plus continuer à rémunérer de la même manière un agent assidu et un autre qui déserte régulièrement son poste. Les futurs statuts introduiront ainsi une logique davantage fondée sur la responsabilité, la présence et la performance.
Le mérite remplacera l’ancienneté
Autre révolution annoncée : l’avancement automatique devrait appartenir au passé.
La progression de carrière sera désormais liée aux performances, à l’évaluation professionnelle et à la qualité du service rendu, avec l’objectif affiché de valoriser les agents les plus investis.
Le concours redevient la porte d’entrée
La ministre entend également remettre le concours au centre du recrutement dans la Fonction publique.
Les procédures devraient être modernisées et numérisées afin de garantir davantage de transparence et de donner les mêmes chances à tous les candidats.
Une administration tournée vers le numérique
Intelligence artificielle, métiers du numérique, nouvelles compétences… Le gouvernement souhaite adapter la Fonction publique aux mutations technologiques afin de répondre aux nouveaux besoins de l’État.
Une réforme qui ne fait que commencer
Laurence Ndong a tenu à préciser que les textes soumis aux participants ne sont pas définitifs. Pendant trois jours, experts et représentants des différentes administrations sont appelés à proposer des amendements afin d’aboutir à un consensus.
Si ces dispositions sont adoptées dans leur version actuelle, la Fonction publique gabonaise pourrait connaître sa plus profonde transformation depuis plus de vingt ans. Entre la fin des promotions automatiques, le retour du mérite comme moteur des carrières et la lutte annoncée contre les agents absents, cette réforme promet déjà de susciter de nombreux débats au sein de l’administration.
Une chose est certaine : le gouvernement veut tourner une page et faire entrer la Fonction publique gabonaise dans une nouvelle ère.






