Depuis quelques jours, une avalanche de vidéos confidentielles secoue la République. Des séquences inédites, filmées dans les plus hautes sphères du pouvoir, circulent sur les réseaux sociaux à une vitesse vertigineuse. On y voit Sylvia Bongo, Noureddin Bongo, des magistrats, des officiers, et même le chef de l’État lui-même dans des moments que l’on croyait strictement réservés au secret d’État. C’est un choc, un véritable séisme politique. Mais derrière ce scandale, une question obsédante se pose : comment, et surtout pourquoi, de telles vidéos ont-elles pu fuiter ?
Officiellement, il s’agirait de vidéos tournées par Noureddin Bongo, grâce à des lunettes munies d’une microcaméra. Des gadgets dignes d’un film d’espionnage, mais bien réels. Or, si ces séquences filmées il y a 2 ans refont surface aujourd’hui, ce n’est sûrement pas par hasard. Ces images sont diffusées au compte-gouttes, au moment le plus critique pour le pouvoir actuel : alors que le président Brice Clotaire Oligui Nguema tente de maintenir l’équilibre entre restauration de la justice, cohésion nationale et lutte contre la corruption, ces vidéos viennent saboter cette image. Elles sont diffusées comme des balles bien calibrées. On veut montrer un président maladroit, mal conseillé, incohérent entre ses discours et ses actes. On veut éroder la confiance du peuple. On veut miner son autorité.
Ce scandale révèle une faille béante dans le système de sécurité présidentiel. Comment, dans un État censé protéger chaque image et chaque souffle du chef, un individu a-t-il pu enregistrer, conserver et diffuser des documents aussi explosifs ? Plus inquiétant encore : si Noureddin Bongo a pu filmer, c’est soit parce qu’il a trompé la vigilance de tout le monde, soit parce qu’on l’a laissé faire. Et dans ce second cas, le scénario devient terrifiant : cela voudrait dire qu’à l’intérieur même du cercle du pouvoir, quelqu’un a planifié, autorisé ou couvert ces enregistrements. Quelqu’un, dans l’ombre, manipule les événements. Quelqu’un tire les ficelles.
Tout laisse penser que cette fuite n’est pas accidentelle. Les vidéos réapparaissent au moment précis où le président renforce la discipline, réorganise l’appareil sécuritaire et tente de clarifier son projet politique. C’est une stratégie de déstabilisation typique : frapper le pouvoir au cœur de sa crédibilité. Les ennemis du changement, les nostalgiques de l’ancien régime, voire certains opportunistes du “nouveau système” pourraient être derrière cette mise en scène. L’objectif ? Faire douter le peuple, fragiliser le chef, diviser ses soutiens.
Une hypothèse glaçante se dessine : le président Oligui Nguema serait lui-même espionné. Pas par hasard. Pas par amateurisme. Mais dans un cadre orchestré, probablement de longue date. Les vidéos n’ont pas seulement été tournées : elles ont été archivées, conservées et utilisées au moment le plus stratégique. Il ne s’agit plus simplement d’un problème de sécurité, mais d’une guerre invisible entre ceux qui veulent défendre la transition et ceux qui veulent la saboter de l’intérieur.
Ce scandale est plus qu’une affaire de caméras. C’est une alerte rouge sur l’état de la sécurité nationale. Si le chef de l’État peut être espionné, filmé, exposé au monde entier, alors le pays tout entier est vulnérable. Monsieur le Président, prenez garde : les murs de votre palais ont des yeux. Et ceux qui vous sourient le jour… vous filment peut-être la nuit.





