Silence total sur le Gabon. Voilà ce que l’on retient, ou plutôt ce que l’on ne peut pas ignorer, de la prestation de L’Oiseau Rare au FEMUA 18 en Côte d’Ivoire. Un mutisme lourd, presque dérangeant, pour un artiste pourtant présenté comme un visage de la culture gabonaise à l’international.
Car L’Oiseau Rare n’était pas un simple participant parmi d’autres. Il est officiellement naturalisé gabonais, dans un cadre solennel, avec remise de passeport et mise en avant publique. Un geste fort de la République, censé symboliser un lien d’appartenance, une reconnaissance et, en retour, une forme de représentation.
Mais sur scène, aucun signe. Pas une référence au Gabon. Pas un mot. Pas même une attention pour les compatriotes ou la nation qui lui a accordé cette reconnaissance. Une prestation entièrement alignée sur les codes locaux, comme si l’identité gabonaise était devenue invisible, voire secondaire.
Le problème n’est pas artistique. Il est symbolique et politique. Peut-on accepter les avantages d’une nationalité, en bénéficier symboliquement et institutionnellement, puis l’effacer au moment où elle pourrait être honorée publiquement ?
Au FEMUA 18, ce décalage est apparu de manière évidente. Et dans ce type de situation, le silence dit souvent plus que les discours.
Le cas de L’Oiseau Rare n’est d’ailleurs pas isolé. Par le passé, dans certaines sphères politiques gabonaises, des personnalités étrangères naturalisées ont rapidement accédé à des positions influentes, parfois sous les régimes successifs de l’ère Bongo et de son fils, occupant des fonctions élevées dans l’administration ou les cabinets présidentiels. Certains ont ensuite quitté le pays après avoir bénéficié de ces avantages, ou poursuivi leur carrière ailleurs.
C’est dans ce contexte qu’il apparaît pertinent de saluer la volonté des nouvelles autorités de renforcer le code de la nationalité, en durcissant certaines conditions. L’objectif est clair : éviter que la nationalité gabonaise ne soit réduite à un simple instrument d’opportunité, utilisé sans véritable engagement envers le pays une fois les avantages acquis.





