Le ton est désormais donné. Face aux multiples irrégularités qui gangrènent le football gabonais, le gouvernement a décidé de frapper fort. En suspendant le processus électoral devant conduire à l’élection du président de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT), les autorités entendent mettre un terme à ce qui est perçu, au sommet de l’État, comme un désordre devenu intenable.
Derrière cette décision radicale se cache un constat sans appel : le fonctionnement actuel de plusieurs instances sportives ne respecte pas les exigences légales et réglementaires en vigueur. Absence d’agréments techniques, irrégularités administratives, structures non conformes… autant de manquements qui, selon le ministère en charge des Sports, rendent toute élection non seulement contestable, mais potentiellement illégale.
Dans ce contexte, maintenir le scrutin aurait été, aux yeux du gouvernement, cautionner un système défaillant. D’où cette suspension immédiate, présentée comme une mesure de salubrité publique visant à restaurer la crédibilité du football national.
Mais au-delà du simple arrêt du processus électoral, c’est toute une philosophie de gouvernance que les autorités cherchent à imposer : plus aucune organisation ne sera tolérée en dehors du cadre légal. Le message est clair : la conformité n’est plus une option, mais une obligation.
Pour accompagner cette mise à niveau, un mécanisme de régularisation accélérée sera mis en place à travers un guichet unique, piloté conjointement par les ministères des Sports et de l’Intérieur. L’objectif est de permettre aux structures concernées de se conformer rapidement aux exigences administratives, tout en réduisant les lourdeurs bureaucratiques.
Cette décision n’est toutefois pas sans conséquence. Elle plonge la FEGAFOOT dans une zone d’incertitude, notamment sur la gestion de la transition à la tête de l’institution. Une question reste en suspens : qui dirigera la Fédération pendant cette période de mise en conformité ?
Sur le plan international, le gouvernement assure avoir engagé des échanges avec les instances du football mondial, notamment la FIFA et la CAF, afin d’expliquer sa démarche. Une précaution essentielle dans un contexte où toute intervention étatique dans les affaires du football peut être scrutée, voire sanctionnée.
En attendant, une chose est sûre : le temps du laxisme semble révolu. En suspendant l’élection et en imposant la conformité, le gouvernement envoie un signal fort à l’ensemble du mouvement sportif national.
Reste désormais à savoir si ce coup de balai permettra réellement de reconstruire un football gabonais plus crédible… ou s’il ouvrira une nouvelle séquence de tensions et de recompositions.





