Un nouveau scandale éclabousse l’administration gabonaise, cette fois au sein de la Direction générale des Transports terrestres (DGTT), où un vaste réseau de vente illégale de permis de conduire opère en toute impunité. Un système parallèle de délivrance de permis, digne d’une mafia bien huilée, gangrène ce service public censé garantir la sécurité sur les routes du pays.
Derrière les bureaux feutrés de la DGTT et du Centre national des examens du permis de conduire, une réalité plus sombre se dessine : des agents, parfois de haut rang, orchestreraient un trafic de documents officiels, vendus entre 150 000 et 200 000 francs CFA, sans que le candidat ait mis un pied dans une auto-école.
Selon des sources concordantes, les dossiers sont collectés directement chez les particuliers, parfois même dans les quartiers populaires de Libreville, puis introduits discrètement dans les circuits administratifs grâce à des complicités internes. Le mode opératoire est si rodé que certains promoteurs d’auto-écoles n’hésitent plus à parler d’un « marché à ciel ouvert ».
La situation alarme les professionnels du secteur. Nombreux sont les moniteurs d’auto-écoles qui voient leur activité chuter. Certains établissements envisagent même de mettre la clé sous la porte. « Pourquoi payer une formation alors que le permis s’achète comme un pain au marché ? », s’indigne un moniteur visiblement à bout.
Mais au-delà de la concurrence déloyale, les conséquences sont potentiellement dramatiques. Des conducteurs non formés, détenteurs de permis frauduleux, circulent librement sur les routes gabonaises, augmentant les risques d’accidents graves. L’ONG Stop Accident avait déjà tiré la sonnette d’alarme, dénonçant une « menace directe pour la sécurité publique ».
Parmi les noms cités dans ce système de corruption : le secrétaire général, le directeur général (encore en poste malgré son départ à la retraite), le directeur du permis de conduire, et même le chef administratif et financier. Tous soupçonnés d’alimenter et de protéger ce réseau mafieux, dans un silence institutionnel assourdissant.
Aujourd’hui, le ministre d’État en charge des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, est sommé de réagir. Ce scandale met à mal l’image de son ministère et contredit les promesses du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, en matière de moralisation de la vie publique. L’heure est venue de purger cette administration malade, avant que l’impunité ne coûte des vies.
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