La disparition d’Epiphanie Diele Maganga n’a pas été un simple incident privé : elle a été un véritable spectacle macabre, orchestré sans conscience des conséquences. Pendant plusieurs jours, le Gabon a tremblé, partagé, prié, paniqué. Les réseaux sociaux ont hurlé, les médias ont relayé, la population entière a été emportée dans une angoisse sincère et collective. Et pour quoi ? Pour se voir offrir un rideau sec : « retrouvée », un mot jeté sur Facebook, sans récit, sans contexte, sans excuse.
Les parents et la principale concernée ont laissé planer le doute, se drapant dans le silence le plus provocateur. Et dans ce vide, les rumeurs ont fleuri. Séjour chez un petit ami, escapade privée, malentendu familial : personne ne sait, personne ne confirme. Mais tout le monde se moque désormais, car ce qui aurait dû être un drame national a été transformé en farce publique.
Personne n’accuse Epiphanie d’avoir disparu. Mais jouer avec la peur d’un peuple, laisser croire à un enlèvement, provoquer une panique nationale, puis fermer le clapet de la vérité, c’est abuser de la confiance collective et piétiner la solidarité nationale. Ce n’est plus de la maladresse : c’est un abus moral pur et simple.
Le Gabon n’oubliera pas facilement. La prochaine fois qu’une disparition réelle frappera un foyer, beaucoup détourneront le regard. Parce qu’on ne peut pas transformer la peur nationale en sketch et s’attendre à ce que le peuple continue de pleurer, de partager et de s’indigner.
Epiphanie et ses parents doivent des excuses publiques. À la population qui a eu peur. Aux familles de disparus réels qui continuent de chercher dans le silence. Au Gabon tout entier, humilié, manipulé et moqué. Ce n’est pas une simple demande : c’est un devoir moral. La peur d’un peuple n’est pas un jouet. L’émotion nationale n’est pas une comédie. Et la solidarité ne se simule pas.
À force de faire croire à la tragédie, à force de transformer la peur en farce, la confiance disparaît plus vite que la jeune fille elle-même. Et un jour, lorsqu’une disparition sera véritable, irréversible, personne ne bougera plus. Ce jour-là, ce sera trop tard.
Le peuple a été piégé, manipulé, bafoué. La morale exige réparation. Les excuses doivent être publiques, nettes, claires. Et elles doivent rappeler que la peur collective n’est pas un terrain de jeu.









