Le 24 juillet 2025, la mort d’Alino Faso, militant burkinabè pour la souveraineté africaine, a secoué les esprits en Afrique de l’Ouest. Retrouvé pendu dans sa cellule à l’École de Gendarmerie d’Abidjan, son décès officiel est présenté comme un suicide. Mais dans le contexte opaque et politique entourant son arrestation, beaucoup s’interrogent : s’agit-il vraiment d’un suicide, ou d’un assassinat politique déguisé ?
Alino Faso était détenu depuis plus de six mois, accusé par les autorités ivoiriennes d’espionnage et de complot contre l’État. Pourtant, aucune procédure judiciaire publique, aucun procès équitable ne lui ont été accordés. Maintenu dans une cellule sous haute surveillance, il a été retrouvé mort dans des circonstances troubles, suscitant une vague d’indignation parmi ses proches, les militants panafricains et la société civile.
Ce décès intervient dans un climat politique déjà tendu entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Alino Faso incarnait une voix souverainiste et radicale, souvent critique à l’égard des alliances traditionnelles et de l’ingérence étrangère. Sa disparition en prison soulève donc de lourdes questions diplomatiques. Comment un État voisin peut-il justifier la mort d’un militant politique sans transparence ni explications claires ?
Le silence persistant des autorités ivoiriennes ne fait qu’amplifier les soupçons. Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une enquête indépendante internationale afin de faire la lumière sur cette affaire. Le refus d’une telle investigation pourrait isoler Abidjan sur la scène régionale et creuser un fossé entre pays voisins.
Cette affaire illustre un enjeu majeur en Afrique de l’Ouest : la gestion politique de l’opposition et la place des militants engagés dans des causes souverainistes. Si la mort d’Alino Faso est confirmée comme un suicide, elle révèle un système carcéral défaillant et une absence de protection pour les détenus politiques. Si, au contraire, elle cache un assassinat politique, c’est l’État de droit qui est directement menacé.
Plus qu’un simple fait divers, la mort d’Alino Faso est devenue un symbole fort des dérives sécuritaires et politiques dans la région. Elle interroge la communauté internationale et les États ouest-africains sur la nécessité de garantir la justice, la transparence et le respect des droits humains, même et surtout en période de tensions politiques.
La mort d’Alino Faso n’est pas un simple fait divers carcéral. C’est une bombe à retardement politique qui menace de faire exploser les fragiles équilibres diplomatiques en Afrique de l’Ouest. Le silence et l’opacité d’Abidjan sont autant de complicités avec l’injustice. Si la vérité n’est pas rapidement révélée, c’est toute la région qui risque de basculer dans la violence et le chaos. Les dirigeants ivoiriens et burkinabè ont une dernière chance : choisir la transparence, la justice et la paix, avant qu’il ne soit trop tard. Car au-delà d’Alino Faso, c’est l’avenir démocratique de la région qui se joue aujourd’hui.





