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Chaos électoral : le secrétaire général a-t-il poignardé son ministre dans le dos ?

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Le scrutin du 27 septembre dernier restera dans les annales politiques du Gabon comme l’un des plus chaotiques de l’histoire récente. Mais derrière cette débâcle électorale, une question dérangeante s’impose : le secrétaire général du ministère de l’Intérieur a-t-il trahi son propre ministre ? Tout porte à le croire, tant les faits semblent indiquer que le naufrage électoral n’est pas le fruit d’une simple incompétence, mais bien celui d’une manœuvre délibérée.

En tant que véritable chef d’orchestre du processus électoral responsable de la supervision, de l’organisation et du contrôle du scrutin le secrétaire général avait entre ses mains tous les leviers pour garantir des élections crédibles et transparentes. Or, c’est tout le contraire qui s’est produit. Les listes électorales n’ont jamais été nettoyées : des électeurs décédés ont « voté », et les plaintes restées sans suite depuis la présidentielle et le référendum ont refait surface. Dans plusieurs bureaux, moins de la moitié des bulletins de vote étaient disponibles, tandis que le matériel essentiel isoloirs, urnes, kits faisait cruellement défaut.

Plus troublant encore, les équipes expérimentées chargées d’organiser les précédents scrutins ont été écartées au profit d’amis, de cousins et de connaissances du secrétaire général, totalement dépassés par l’ampleur de la tâche. Pendant ce temps, selon de nombreux témoignages, certains magistrats ont participé à des trafics de votes via de fausses procurations, pendant que d’autres, débordés, contribuaient involontairement à la confusion générale.

Le ministre Immongault, lui, n’a fait que subir les conséquences de ces dysfonctionnements. C’est son secrétaire général qui a préparé les documents, validé les chiffres et dirigé la proclamation des résultats, transformant ce qui aurait dû être un exercice démocratique exemplaire en une mascarade administrative.

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Même le directeur des élections n’est qu’un exécutant, soumis aux instructions du secrétaire général. Si sabotage il y a eu et tout semble l’indiquer c’est bien ce dernier qui en porte la responsabilité. Des témoignages rapportent des urnes remplacées à la hâte, des électeurs refoulés faute de bulletins et des listes modifiées sans justification. Ce désordre n’est pas accidentel : il a été planifié pour permettre la fraude et la manipulation des résultats.

Reste alors à comprendre les motivations d’un tel acte : s’agissait-il de discréditer le président Oligui Nguema, de ternir l’image du Gabon à l’international ou d’humilier le ministre pour des ambitions personnelles ? Quelle qu’en soit la raison, le secrétaire général a failli à sa mission, trahi la confiance de son ministre et compromis l’intégrité du processus démocratique.

Il est désormais urgent qu’une enquête indépendante et publique soit ouverte afin d’établir les responsabilités et de sanctionner tous les complices de ce désastre. Car au cœur de ce chaos électoral plane une question brûlante : la démocratie gabonaise a-t-elle été sabotée par l’un de ses propres serviteurs ?

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