Au Gabon, l’artiste est souvent traité comme une décoration de salon : on le sort quand il y a une réception, on l’applaudit du bout des doigts, puis on le range soigneusement dans l’oubli. Mais au Cameroun, on a compris qu’un bon artiste, ça ne se garde pas au placard, ça s’exhibe, ça électrise, ça fait danser les ministres !
Prenez Ze la Panthère, par exemple. Chez nous, on l’a snobé à la dernière présidentielle : pas assez branché, pas assez docile, pas dans les bons réseaux. Résultat : il a pris la route, direction Yaoundé. Et là-bas, miracle ! L’artiste boudé au Gabon s’est transformé en superstar électorale.






Ze la Pänthere en action lors de la camapgne de Paul Biya .
Le président Paul Biya en personne ou du moins, son équipe de campagne l’a choisi pour enflammer les meetings. Et Ze la Panthère a rugi ! Partout où il passait, la foule s’enflammait, les ministres perdaient leurs vestons, et les grands commis de l’État se mettaient à jeter des liasses de billets comme s’ils semaient du maïs. Le Cameroun vibrait, le Gabon regardait.
Deux millions par prestation, plus les “bonus de motivation” du public : à la fin de chaque concert, Ze la Panthère sortait avec pas moins de quatre millions CFA. Pas mal pour un artiste qu’on considérait chez lui comme un figurant du ministère de la Culture.
Pendant que Libreville compte ses trous de budget et ses artistes frustrés, Yaoundé danse sur les sons d’un Gabonais que nous avons rejeté. Ironie du sort : il aura fallu traverser la frontière pour qu’on reconnaisse chez lui ce que nous avons refusé de voir.
Morale de l’histoire : au Gabon, on t’ignore jusqu’à ce que tu brilles ailleurs. Là seulement, on se souvient que tu es “notre fierté nationale”. En attendant Ze la Panthère rugit à Yaoundé, et Libreville ronronne dans son mépris.









