Il fallait manifestement beaucoup d’imagination pour transformer une simple réorganisation interne de l’UDB en « claque politique » infligée à Aurélien Mintsa Mi Nguema.
À en croire certains récits, le fait que ce dernier ne soit plus trésorier général du parti serait le signe d’un désaveu politique, voire d’une dégradation de ses relations avec le président-fondateur de l’UDB. Une interprétation aussi spectaculaire que peu convaincante.
Car un élément essentiel semble avoir été volontairement oublié : Aurélien Mintsa Mi Nguema est désormais ambassadeur du Gabon en Inde.
Dès lors, quoi de plus logique que de céder la gestion quotidienne de la trésorerie du parti à un autre responsable resté au Gabon ?
La trésorerie d’une formation politique nécessite disponibilité, suivi administratif et présence régulière auprès des structures du parti. Imaginer qu’un ambassadeur, installé à plusieurs milliers de kilomètres, puisse continuer à assurer normalement cette responsabilité relève davantage de la fiction que d’une analyse sérieuse.
Une passation transformée en « disgrâce »
Le plus étonnant n’est donc pas qu’Aurélien Mintsa Mi Nguema ait quitté cette fonction. Le plus étonnant est que certains cherchent à présenter cette évolution parfaitement logique comme une sanction.
Où est la preuve du prétendu désaveu ? Où sont les déclarations, les décisions ou les faits permettant d’établir une rupture entre le président-fondateur et son « petit frère » ?
Rien de tout cela n’est démontré.
À défaut de faits, on s’appuie sur des insinuations. Une nomination diplomatique devient une sanction, une passation de responsabilités devient une éviction et une réorganisation interne se transforme en crise politique.
De New Delhi à Libreville, il suffit donc parfois d’un peu d’imagination pour fabriquer une tempête avec un simple changement de portefeuille.
Le parti doit-il fonctionner à distance ?
La question mérite d’être posée autrement : aurait-il été plus logique de maintenir à la tête de la trésorerie un responsable appelé à exercer ses fonctions diplomatiques en Inde ?
La réponse tombe sous le sens.
Le changement de trésorier n’a rien d’une humiliation. Il répond simplement à une exigence élémentaire de fonctionnement : les responsabilités doivent être exercées par ceux qui sont en mesure de les assumer pleinement.
Vouloir y voir autre chose, sans le moindre élément concret, revient à chercher une crise là où il n’y a qu’une organisation rationnelle des responsabilités.
Au fond, cette affaire illustre surtout une vieille méthode : prendre un fait réel, lui retirer son contexte, y ajouter quelques insinuations et présenter le tout comme une révélation politique.
Mais les ragots ont une faiblesse : ils peuvent faire du bruit, pas des preuves.
Et dans cette affaire, jusqu’à preuve du contraire, il n’y a ni « claque », ni « coup de grâce », ni désaveu.
Il y a simplement un ambassadeur qui exerce désormais ses fonctions en Inde et une responsabilité partisane qui, logiquement, doit être assumée au Gabon.






