Au tribunal de Libreville ce lundi 12 janvier 2026, le leader d’opinion David Mérakouma, surnommé « la voix des cent voix » ou « le Minotaure de la Baie des Cochons », a suivi avec attention l’audience concernant Xavier Ndong Ndong, et n’a pas mâché ses mots pour critiquer la procédure initiée par le ministère public.
« En tant que leader, il était important pour moi d’être présent, ne serait-ce que pour apprendre, observer et comprendre », a expliqué Mérakouma, soulignant la portée symbolique de sa présence.
Une procédure vouée à l’échec
Selon David Béroukouma, l’action du parquet était déjà compromise :
« J’avais déjà dit ce matin que cette procédure n’allait pas prospérer. Le procureur a choisi la partie la plus faible, la moins gênante. »
Le leader a dénoncé un vice majeur de procédure, rappelant que la détention préventive doit être strictement encadrée : limitée à 48 heures et prolongée uniquement avec une autorisation expresse du procureur de la République.
« Les officiers de police judiciaire se sont substitués au procureur, en escamotant cette exigence légale. C’est une faute grave », a-t-il affirmé.
Les OPJ et le rôle strict de la loi
Béroukouma a rappelé le rôle légal des forces de défense et de sécurité : recevoir les plaintes, rechercher les auteurs d’infractions et les présenter au procureur.
« Ils n’ont ni à juger, ni à qualifier, ni à prolonger une détention. Aujourd’hui, ils paient le prix de cette confusion des rôles », a-t-il insisté.
Pas de trouble à l’ordre public
L’accusation de trouble à l’ordre public, invoquée par le ministère public, a été totalement remise en question :
« Aucun élément constitutif d’une infraction légal, matériel ou intentionnel n’a été démontré. Il n’y a eu ni attroupement, ni manifestation, ni désordre », a déclaré le leader.
Il a également rappelé que le garant de l’ordre public reste le chef de l’État :
« En l’absence de faits matériels, l’accusation ne repose sur rien de concret. »
Entre spiritualité et imaginaire
Concernant l’allégation d’un prétendu coup d’État, Béroukouma a souligné :
« Xavier Ndondon parlait sur un registre spirituel. Les batailles spirituelles ne relèvent pas de la preuve matérielle. Elles appartiennent à notre cosmogonie, à l’imaginaire collectif. »
Une affaire à connotation identitaire
David Béroukouma a élargi son analyse à la situation nationale :
« Le Gabon est confronté à des extrémistes qui cherchent à confisquer les ressources du pays pour des intérêts égoïstes, partisans et minoritaires. »
Il a insisté sur l’appartenance collective de la nation :
« La nation gabonaise appartient à tous les Gabonais. Aucun groupe, aucune ethnie, aucune région ne peut s’en arroger l’exclusivité. »
Un message contre la provincialisation
Pour le leader, cette audience constitue également un avertissement pour tous les leaders d’opinion :
« Abat la provincialisation, abat l’ethno-régionalisation, abat le provincialisme. Nous sommes tous des communautaires. »
Enfin, David Béroukouma a exprimé l’espoir que Xavier Ndondon soit rétabli :
« Dans sa notoriété, sa noblesse et sa dignité. Il n’a fait que dire une vérité : le Gabon appartient à tous les Gabonais. »
