Un silence lourd, presque sacré, a enveloppé l’Assemblée nationale. Un silence qui en disait long sur la douleur collective et la stupeur d’une institution contrainte de rendre hommage à l’une des siennes avant même de l’avoir vue siéger. Ce jour-là, les députés ont accueilli la dépouille de l’Honorable Sandrine Nguemebe Endamane, élue du département du Woleu, 5ᵉ siège, sous la bannière de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), pour un dernier salut empreint de respect et de tristesse.
Dans la solennité du moment, le Président de l’Assemblée nationale, Régis Michel Onanga M. Ndiaye, a conduit une cérémonie marquée par la retenue et l’émotion. Au nom de la représentation nationale, il a décerné à titre posthume la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale, reconnaissant ainsi le parcours, l’engagement et la loyauté d’une femme qui avait choisi de consacrer sa vie au service public.
Née le 6 juin 1974 à Franceville, Sandrine Nguemebe Endamane n’était pas une novice en politique. Depuis 2010, elle s’était forgé une expérience solide, évoluant aux côtés de figures majeures de la scène politique nationale. Patiente, déterminée et discrète, elle croyait à la force du travail de fond et à la politique comme outil de transformation sociale.
Le sort, cependant, s’est montré implacable. À peine élue, à peine la 14ᵉ législature installée, elle n’aura jamais franchi les portes de l’hémicycle pour y porter la voix de ses électeurs. Le 29 novembre 2025, la mort est venue interrompre brutalement un engagement encore plein de promesses, laissant derrière elle une famille endeuillée, des militants désemparés et une Nation orpheline d’une de ses servantes.
Cet hommage rendu au cœur même de l’Assemblée nationale résonne comme une reconnaissance tardive, mais sincère. Il rappelle que derrière chaque mandat se cache une vie, des combats, des espoirs et parfois des destins tragiquement écourtés. Sandrine Nguemebe Endamane n’aura pas eu le temps de s’exprimer depuis les bancs du Parlement, mais son nom restera gravé dans la mémoire institutionnelle comme celui d’une élue dont l’engagement a été reconnu jusqu’au dernier souffle.
En ce moment de recueillement, la représentation nationale a salué non seulement une députée, mais surtout une femme de conviction, emportée trop tôt, laissant en héritage l’exemple d’un dévouement sans tapage et d’une foi inébranlable en la Nation gabonaise.
Source : Julien LEPACKA
mages de Sylvain MANGANGA
