L’arrivée d’Emmanuel Macron au Gabon, jadis entourée de faste et de complaisance médiatique, rappelle une époque où la présidence gabonaise finançait grassement la presse française pour soigner son image à l’international. Des millions de francs CFA étaient ainsi déversés dans les caisses de journaux et agences étrangères, pendant que la presse nationale, pourtant plus proche du peuple et des réalités du pays, peinait à survivre.
Aujourd’hui, alors que le Gabon traverse une période de transition marquée par la recherche de souveraineté et de dignité, il est temps de revoir cette politique de communication héritée du régime déchu. Pourquoi continuer à enrichir des médias étrangers qui ne défendent pas les intérêts du Gabon, alors que nos journalistes locaux manquent de moyens pour exercer leur métier avec professionnalisme et indépendance ?
L’exemple du Burkina Faso devrait inspirer Libreville. Sous le leadership de ses nouvelles autorités, Ouagadougou a supprimé toute ligne budgétaire consacrée à la presse étrangère dans le budget de la communication présidentielle, pour réaffecter ces fonds à la presse nationale. Une décision patriote, courageuse et cohérente, qui a permis à la communication d’État de se recentrer sur ses propres canaux et de valoriser le travail des médias locaux.
Le Gabon doit suivre cette voie. Financer la presse nationale, c’est investir dans la souveraineté de l’information, dans l’éducation politique du citoyen, et dans la consolidation d’une opinion publique libre et responsable. À l’inverse, continuer à arroser les rédactions parisiennes revient à perpétuer une dépendance postcoloniale humiliante.
Le temps est venu d’affirmer notre indépendance médiatique, de croire en nos journalistes et de faire du budget de la communication présidentielle un outil de patriotisme, et non de soumission.









