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Après l’exemplarité à la Pêche, Laurence Ndong face au chantier explosif de la Fonction publique

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Le 6 janvier 2026, Laurence Ndong a officiellement pris ses fonctions de Ministre de la Fonction Publique et du Renforcement des Capacités, au terme de la cérémonie de passation de charges avec M. François Ndong Obiang, qui assurait l’intérim. Un acte administratif en apparence, mais un moment politique fort dans un pays où la Fonction publique est devenue, au fil des années, le symbole d’un malaise profond entre l’État et ses citoyens.

Car la réalité est connue de tous : administration perçue comme lourde, lente, parfois injuste ; agents démotivés ; usagers exaspérés. La Fonction publique cristallise aujourd’hui frustrations, incompréhensions et défiance. C’est donc peu dire que la nouvelle ministre hérite d’un chantier à haut risque, où chaque décision sera scrutée, chaque silence interprété, chaque réforme attendue.

Mais si ce portefeuille brûle, le choix de Laurence Ndong n’est pas anodin. Il repose sur un précédent : celui d’un passage remarqué et salué au Ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie Bleue. Dans un département quasi embryonnaire à son arrivée, elle a imposé méthode, vision et résultats. La création officielle du ministère, le lancement du projet Gab Pêche, l’organisation de foires aux poissons dans plusieurs provinces avec plus de 50 tonnes redistribuées aux populations ne relèvent pas de l’effet d’annonce, mais d’une action publique structurée et mesurable.

Plus encore, certaines décisions ont marqué une rupture nette avec les pratiques du passé. La dénonciation de l’accord de pêche avec l’Union européenne a affirmé une ligne claire : celle de la défense sans complexe des intérêts stratégiques nationaux. L’élaboration de la Stratégie nationale de développement des secteurs Mer, Pêche et Économie Bleue (2025-2032) a inscrit cette ambition dans le temps long, loin de l’improvisation et des slogans creux. À cela se sont ajoutées des réalisations concrètes sur le terrain, comme l’inauguration du Centre de pêche d’Omboué et l’ouverture de nouvelles perspectives de coopération internationale.

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Ci-dessus,Laurence Ndong prenant officiellement ses fonctions de Ministre de la Fonction Publique et du Renforcement des Capacité


Ce bilan explique aujourd’hui l’attente, mais aussi la pression. À la Fonction publique, Laurence Ndong n’est pas attendue sur des intentions, mais sur une capacité à restaurer l’autorité de l’État tout en réconciliant l’administration avec les Gabonais. Il ne s’agira plus seulement de créer ou de structurer, mais de réformer, d’arbitrer, parfois de trancher dans le vif. La rigueur qui a fait sa marque à la Pêche est désormais appelée comme une exigence nationale.
En prenant ses fonctions, la ministre a d’ailleurs insisté sur l’humilité et la conscience aiguë des responsabilités qui lui incombent. Un discours sobre, à l’image de son style, mais qui sonne comme une promesse implicite : celle de remettre la compétence, l’éthique et l’efficacité au cœur de la Fonction publique.

En quittant le Ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie Bleue, elle laisse un socle solide à son successeur, M. Aimé Martial Massamba, à qui elle a adressé ses vœux de plein succès. Une transition maîtrisée, fidèle à une vision de l’État fondée sur la continuité et la responsabilité.
Désormais, une autre page s’ouvre. Plus sensible. Plus exposée. Plus déterminante. Après l’exemplarité à la Pêche, Laurence Ndong joue sans doute l’un des matchs les plus décisifs de sa carrière politique : celui de redonner souffle, crédibilité et confiance à une Fonction publique en crise, et, à travers elle, à l’État lui-même.

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