Quand on a profité du système jusqu’à la moelle, il faut du courage ou du culot pour venir, des années après, se poser en justicier. C’est exactement ce que dénonce avec une franchise brutale Marwan Cobretti, figure de la société civile gabonaise, à l’adresse de Grégory Laccruche Alihanga.
Dans un message sans filtre, Marwan démonte point par point la fameuse lettre ouverte de l’ancien maire d’Akanda. Pour lui, c’est clair : cette lettre est « légère », « floue », et sent la manœuvre politique. « On ne dénonce pas un système en protégeant les exécutants. Quand on veut faire tomber l’arbre, on coupe jusqu’aux racines », tacle Marwan.
Et il sait de quoi il parle. Ancien prisonnier politique, arrêté en 2012 et en 2016, il rappelle qu’il a lui-même été victime du système Bongo tortures, détentions sans jugement, menaces devant les procureurs. Mais, contrairement à certains, lui n’a jamais attendu d’être mis à l’écart pour parler. « Quand on subit l’injustice, on dénonce immédiatement. Pas quand ça ne rapporte plus rien », insiste-t-il.
Marwan Cobretti ne se contente pas de dénoncer l’hypocrisie de Grégory Laccruche. Il l’accuse carrément d’avoir été un rouage du système : « Si vous avez été maire à Akanda, ce n’est pas parce que vous étiez le plus compétent. C’est parce que votre frère, devenu puissant par défaut, vous a offert la place. À ce moment-là, les injustices, vous les voyiez, mais vous vous taisiez. »
Et il enfonce le clou : « Vous étiez là quand des ministres d’État étaient humiliés en public, quand des hautes personnalités étaient traitées comme des gamins par le directeur de cabinet présidentiel. Ça ne vous choquait pas à l’époque ? »
Pour Marwan, ce genre de dénonciation à moitié, cette justice à géométrie variable, c’est non seulement insultant pour le peuple gabonais, mais surtout dangereux. « Ça entretient le flou, ça permet au système de survivre sous d’autres visages. Si vous avez des noms, citez-les. Si vous avez vu des choses, dites-les. Sinon, gardez le silence. »
Et il conclut sans détour : « Ce que vous faites là, c’est du calcul. Vous préparez votre retour. Vous espérez que demain, on vous rappellera aux affaires. Mais le peuple gabonais n’est plus dupe. »
Le message est passé : au Gabon, il ne suffit plus de s’agiter sur les réseaux sociaux. Il faut assumer jusqu’au bout, ou se taire à jamais.
