À l’approche des élections législatives et locales du 27 septembre 2025, le 1er arrondissement d’Akanda ressemble moins à un terrain de campagne démocratique qu’à une zone de guerre politique. L’Union pour la République (UPR), pourtant membre de la mouvance présidentielle, serait devenue la cible d’une série d’attaques qui portent la marque d’une rivalité interne sans scrupules.
Dans la nuit du 21 au 22 septembre, le quartier général de la candidate UPR, situé face au marché du Premier Campement, a été violemment pris pour cible. Des individus non identifiés ont fracassé la porte vitrée du local, tordant la grille métallique de sécurité et laissant un message sans équivoque : l’intimidation pourrait bien remplacer le débat. Si l’accès aux locaux a été empêché, la violence de l’acte révèle le climat délétère qui s’installe à l’approche du scrutin.
Et ce n’est pas un épisode isolé. Depuis plusieurs jours, l’UPR dénonce une série d’actes d’intimidation qui auraient été orchestrés pour freiner sa campagne : affiches systématiquement arrachées, colistiers menacés, et désormais attaques physiques. Selon plusieurs témoignages, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), actuellement au pouvoir, et l’ancien parti présidentiel, le Parti Démocratique Gabonais (PDG), pourraient être derrière cette stratégie de harcèlement politique, bien qu’aucune preuve formelle n’ait encore été établie.
Furieux, Gervais Oniane, président de l’UPR, est sorti de sa réserve. « Nous voulons des élections apaisées, comme l’a souhaité le Chef de l’État », a-t-il déclaré, avant d’adresser une mise en garde qui sonne comme une menace à peine voilée : « Si certains pensent que l’intimidation est une stratégie politique, ils se trompent lourdement. Nous faisons partie de la majorité, mais la courtoisie doit être réciproque. Si ça commence comme ça, ça finira très mal. »
L’UPR a déjà saisi la gendarmerie pour faire constater les menaces visant ses militants, notamment des menaces de mort dirigées contre la candidate elle-même, épouse d’Oniane. Ce dernier affirme également que des tentatives d’invalidation de candidature auraient été menées dans l’ombre. Pour lui, ces méthodes témoigneraient d’un profond malaise au sein de ses adversaires : « Si vous êtes réellement plus forts que nous, battez-nous dans les urnes. Mais si vous avez recours à la violence, c’est que vous doutez de votre victoire », a-t-il martelé.
À Akanda, la bataille électorale ne se jouerait donc plus seulement sur les idées, mais aussi sur la peur, les pressions et les intimidations. Et une question dérangeante s’impose : comment parler de démocratie lorsque l’on tente d’arracher aux électeurs le droit de choisir librement ?
Source : Le Confidentiel
