C’est une onde de choc brutale qui traverse la musique camerounaise. La Déesse, figure emblématique du bikutsi, a été retrouvée morte à son domicile de Bordeaux, en France. Une information glaçante, confirmée par plusieurs sources concordantes. La police française a procédé à l’extraction de la dépouille ce jeudi 8 janvier 2026. Mais un détail trouble et glace le sang : le décès remonterait au 4 janvier. Quatre jours. Quatre jours de silence. Quatre jours sans vie, sans alerte, sans secours.
« On est encore sous le choc », confie un proche de l’artiste, la voix brisée. À Yaoundé, Douala, et jusque dans les villages du Nyong-et-So’o, l’incrédulité domine. Comment une icône pareille a-t-elle pu disparaître ainsi, loin des siens, dans des circonstances aussi floues ?
Originaire d’Akoeman, La Déesse de son vrai nom Sabada Zang Salomé Modèle n’était pas une artiste ordinaire. Elle était une voix, un corps, une énergie brute. Icône du bikutsi authentique, elle a marqué des générations avec des titres devenus cultes : Je suis femme amoureuse, Cœur à Cœur, Wa Obegue Tournevis, Ma Mebegue Vis. Ancienne danseuse du légendaire Ayissi Le Duc, elle a forgé son identité artistique dès les années 1980, traversant les époques sous différents noms de scène, sans jamais perdre son aura.

Mais aujourd’hui, ce n’est pas la musique qui parle. Ce sont les questions.
Pourquoi un tel délai entre le décès présumé et la découverte du corps ? Qui savait ? Qui ne savait pas ? Était-elle malade ? Était-elle seule ? Les autorités françaises ont annoncé l’ouverture d’une enquête et indiquent avoir contacté la famille afin de faire toute la lumière sur cette disparition troublante.
Dans le milieu du bikutsi, l’émotion est vive, parfois teintée de colère. « Ce n’est pas normal de partir comme ça », lâche un musicien, amer. La Déesse, mère d’Obele Be Vice et Ma Bele Tournevis, laisse derrière elle une famille meurtrie, une scène musicale orpheline et un public sous le choc.
Le bikutsi est en deuil. Mais tant que la vérité n’est pas connue, le malaise persiste. La lumière sera-t-elle faite sur les derniers jours de La Déesse ? L’enquête apportera-t-elle des réponses à la hauteur de l’émotion et de l’incompréhension ?
En attendant, le Cameroun pleure. Et le silence qui entoure cette mort résonne plus fort que n’importe quel tambour.









