S’il est une institution de microfinance qui devrait aujourd’hui attirer l’attention des autorités de régulation de l’État, c’est bien Cofina.
Depuis plusieurs mois, de nombreux clients de cette microfinance font face à de sérieuses difficultés pour retirer leurs propres avoirs, en raison d’interruptions répétées de connexion informatique. Une situation devenue presque routinière et qui suscite incompréhension et inquiétude.
Le fait le plus troublant réside dans le caractère simultané de ces interruptions. Qu’il s’agisse des agences de Bessieux, Louis, Carrefour Léon Mba, Ndzeng-Ayong, PK12, ou d’autres encore, toutes semblent affectées au même moment. Une réalité qui soulève une question fondamentale :
Toutes les agences Cofina sont-elles connectées à un seul et même serveur informatique ?
Si tel est le cas, pourquoi exposer l’ensemble du réseau à un risque aussi élevé, au détriment de la clientèle ?
Une autre hypothèse, de plus en plus évoquée par les clients, fait état d’un possible manque de liquidités. Selon cette lecture, l’argument du « défaut de connexion » servirait à limiter l’afflux de clients, afin d’éviter une pénurie visible de trésorerie. Cette thèse semble d’autant plus crédible que seuls quelques clients, souvent ceux qui patientent jusqu’aux environs de 16h30, finissent par être servis. Ce qui laisse penser à une stratégie de contingentement discret de la clientèle.
Fait troublant également : ces interruptions de connexion surviennent presque exclusivement lors des périodes sensibles de paiement, notamment autour des 20, 25 et 5 de chaque mois, moments où la pression sur les guichets est naturellement plus forte.
Depuis près de cinq mois, les clients de Cofina subissent cette situation sans explication claire ni communication rassurante. À la veille des fêtes de Noël et du Nouvel An, beaucoup redoutent de passer ces moments cruciaux avec leurs économies pratiquement bloquées, sous le prétexte récurrent d’un problème de connexion.
Face à cette situation préoccupante, il devient urgent que l’État et les autorités compétentes procèdent à des vérifications approfondies afin de déterminer si cette microfinance mérite encore la confiance des Gabonais.





