Dans un paysage médiatique gabonais longtemps marqué par le sentiment d’abandon, de marginalisation et de décisions imposées sans concertation, la nomination de Germain Biahodjow au poste de ministre de la Communication et des Médias fait naître un espoir nouveau. Un espoir prudent mais réel, dans une presse qui, depuis des années, peine à se reconnaître dans une maison mère qui décidait souvent pour elle, sans jamais réellement décider avec elle.
La presse gabonaise s’est trop souvent sentie oubliée par le ministère censé la protéger, la structurer et l’accompagner. Les médias, pourtant premiers partenaires naturels de la Communication, ont rarement été consultés, encore moins associés aux grandes orientations les concernant. Réglementations, réformes, décisions stratégiques : tout semblait se faire loin des rédactions, loin des journalistes, loin du terrain.
Avec Germain Biahodjow, le discours change. Et surtout, la méthode annoncée tranche avec les pratiques du passé. Dès ses premières prises de parole, le nouveau ministre insiste sur une conviction forte : la communication ne peut être efficace que si elle part de la base. Une base composée de femmes et d’hommes de médias, de communicateurs, de journalistes, de techniciens et d’acteurs du secteur, trop longtemps relégués au rang de simples exécutants.
« Il faut mettre le communicateur au centre de la stratégie », affirme-t-il, appelant à une rupture claire avec une gouvernance verticale et fermée. Pour lui, le communicateur ne doit plus être un figurant, mais un acteur à part entière, porteur de ses propres dossiers, de ses réalités et de ses propositions. Une parole qui résonne fortement dans un milieu habitué à être ignoré.
Plus encore, Germain Biahodjow plaide pour une démarche inclusive, fondée sur la concertation permanente, l’écoute et la co-construction. Il évoque la nécessité de créer un climat de confiance au sein de la « maison communication », de rassurer, de dialoguer, d’associer. Autant de mots rarement entendus avec autant de clarté par une presse qui n’a jamais eu le sentiment d’être véritablement considérée par son ministère de tutelle.
Cette volonté affichée de travailler avec les médias et non à leur place apparaît comme une bouffée d’oxygène. Elle laisse entrevoir la possibilité d’un ministère qui ne décide plus seul dans ses bureaux, mais qui descend vers ses premiers partenaires, reconnaît leur expertise et respecte leur rôle fondamental dans la démocratie et la cohésion nationale.
Certes, les attentes sont immenses et la confiance devra se construire dans les actes. Mais pour la première fois depuis longtemps, une partie de la presse gabonaise se surprend à espérer. Espérer être écoutée. Espérer être consultée. Espérer être enfin reconnue comme un pilier et non comme un problème.
Si les paroles d’ouverture, d’inclusion et d’écoute se traduisent en pratiques concrètes, alors Germain Biahodjow pourrait bien incarner ce tournant tant attendu : celui d’une presse gabonaise réconciliée avec sa maison mère, respectée dans sa dignité et pleinement associée à la construction de la communication nationale.









