
Dans une déclaration bouleversante relayée sur les réseaux sociaux, une étudiante gabonaise vivant à l’étranger a exprimé sa colère et sa frustration face à un discours tenu récemment par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Celui-ci a affirmé qu’il était préférable de couper les bourses aux étudiants gabonais se formant aux États-Unis, en France et au Canada, estimant que ces études coûtaient trop cher et que ces étudiants ne rentraient pas forcément au pays.
Mais cette décision, aussi brutale qu’injuste, révolte d’autant plus que dans le même temps, les enfants du président Oligui Nguema lui-même étudient dans des écoles de prestige réservées aux enfants de bourgeois à Libreville, et que les enfants des membres du gouvernement poursuivent tranquillement leurs études au Canada, en France ou aux États-Unis. La jeunesse ordinaire paie l’addition, pendant que les privilégiés du régime s’enrichissent et se forment à l’abri des difficultés que subit le reste du pays.
« Nous ne sommes pas à l’origine des maux qui minent notre société, nous sommes des victimes », rappelle l’étudiante, soulignant que les jeunes Gabonais paient aujourd’hui les conséquences de décennies de mauvaise gestion et d’abandon politique. Pire encore : les fameuses bourses présidentielles, réservées exclusivement aux enfants du cercle très fermé de la présidence et de leurs alliés, continuent d’être distribuées dans l’opacité la plus totale, en toute impunité.
Dans un parallèle saisissant, elle évoque l’histoire du footballeur international Kylian Mbappé, dont le père avait tenté, en vain, de le faire jouer sous les couleurs du Cameroun. Refusé et méprisé, Mbappé a finalement brillé sous le drapeau français. « Si vous n’investissez pas dans votre jeunesse, d’autres le feront », prévient l’étudiante, rappelant que le Gabon risque de perdre ses talents au profit d’autres pays plus ouverts et plus visionnaires.
Au-delà de ce cri du cœur, cette prise de parole illustre une fracture grandissante entre les dirigeants gabonais et leur jeunesse expatriée. Une jeunesse qui ne demande qu’une chose : être considérée, soutenue et incluse dans le processus de construction nationale.
En suspendant ces bourses, c’est bien plus qu’un simple budget qu’on coupe. Ce sont des ambitions qu’on enterre, des destins qu’on brise, et une confiance qu’on trahit. À l’heure où le Gabon se cherche un nouveau souffle, peut-on vraiment se permettre de sacrifier ceux qui représentent son avenir pendant que les enfants du pouvoir vivent, eux, dans l’opulence et l’indifférence ?









