Telle une vieille star déchue qui s’accroche désespérément à sa gloire passée, le Parti Démocratique Gabonais (PDG) refuse de tirer sa révérence. Au Woleu, ses responsables ont récemment mis les petits plats dans les grands pour organiser une grand-messe politique à la Maison du Parti. Au menu : un hommage en grande pompe à leurs belles années d’hégémonie et une tentative maladroite de ressusciter une flamme que le peuple gabonais a depuis longtemps soufflée d’un revers de main.
Le PDG, cet ancien maître des lieux devenu squatteur du paysage politique, s’apprête à fêter son 57e anniversaire avec faste et apparat. C’est donc avec la ferveur des derniers fidèles d’un culte en perdition que secrétaires départementaux, responsables de groupes socioculturels et quelques militants égarés se sont réunis pour se convaincre mutuellement que leur parti a encore un avenir. La cérémonie a été marquée par l’intonation de l’hymne du parti – une mélodie qui, naguère, sonnait comme une injonction et qui, aujourd’hui, a des airs de chant funéraire.
À la baguette de cette grand-messe : le secrétaire provincial Emmanuel BEKALE B’ENGONGA, dont le discours pourrait être résumé en une phrase : “Nous sommes toujours là, ne nous enterrez pas trop vite !” Plus solennel que jamais, il a exhorté ses camarades à se préparer au combat, car, selon lui, “le Président actuel attend beaucoup de nous”. Ah bon ? Lequel ? Celui du PDG fantôme ou celui de la Transition qui peine à se débarrasser des vieilles casseroles ?
Le PDG en conclave à Oyem








Le secrétaire communal, Pierre Loïse MENIE M’OBIANG, a quant à lui pris un malin plaisir à lire la fameuse note de référence n°0009/PDG/SE/CAB du 26 février 2025. Une lecture intégrale et soporifique pour rappeler que le 12 mars ne sera pas une date comme les autres. En effet, ce sera l’occasion de redorer le blason d’un parti dont les fondations se sont effritées au fil des scandales et de l’incurie.
Et comme une réunion du PDG ne serait pas complète sans une promesse de “renouveau”, Antoine MENIE M’EYI, Secrétaire Général Adjoint 2, est venu prêcher la bonne parole : restructuration, remplacements numériques, refonte du parti… Bref, du neuf avec du vieux ! Mais surtout, un objectif en ligne de mire : soutenir le Président de la Transition à l’élection présidentielle du 12 avril 2025. Comme si le PDG n’avait pas déjà assez usé et abusé du soutien aux pouvoirs en place !
On ne va pas se mentir : cette grande messe politique ressemble plus à une séance de thérapie collective qu’à une réelle relance d’un parti qui a perdu toute crédibilité. Le PDG tente de faire croire qu’il a encore un rôle à jouer, mais la vérité est que le peuple gabonais a déjà tourné la page. Les tambours de fête peuvent résonner autant qu’ils veulent, ils n’étoufferont jamais le silence du désaveu populaire.








