Le vol des oiseaux chez Ali Bongo, un incident qui secoue les réseaux sociaux et fait la une des médias depuis ce matin, soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Si l’on suit les faits tels qu’ils ont été rapportés, on pourrait croire qu’il s‘agit simplement d’un vol étrange et tragique, ciblant les oiseaux exotiques de l’ancien président. Mais, à bien y réfléchir, est-il possible que ce soit là une diversion soigneusement orchestrée par Ali Bongo lui-même et ses avocats ? Une nouvelle manœuvre de manipulation pour attirer l’attention sur lui et manipuler l’opinion publique, à l’image de ses nombreuses stratégies de triche durant son règne ?
Ali Bongo, dont la résidence est censée être protégée 24 heures sur 24 par des éléments de la Garde républicaine, des blindés et des caméras de surveillance, semble être le dernier à pouvoir se permettre de clamer qu’il n’est pas en sécurité. Les gardes présents, comme l’a souligné RFI, ne sont-ils pas suffisants pour dissuader quiconque d’oser pénétrer dans un lieu aussi hautement sécurisé ? Ce détail laisse planer un doute sur la crédibilité de l’histoire. Pour quelqu’un qui a été à la tête du pays pendant plus de 14 ans, dans une légitimité discutable, trichant à chaque élection pour se maintenir au pouvoir, il paraît étrange qu’un simple vol d’oiseaux puisse se produire sous son nez. Un simple coup d’œil suffirait à se rendre compte de l’impossibilité d’une telle intrusion sans complicité interne. Alors, pourquoi faire semblant de se sentir “mal gardé” ?
Les manœuvres d’Ali Bongo sont bien connues de ceux qui ont suivi son parcours politique. Cet homme a, après tout, été un maître dans l’art du mensonge et de la manipulation, notamment avec ses élections truquées et ses promesses non tenues. Le vol des oiseaux pourrait-il être une tentative habile de détourner l’attention du public et des médias d’autres enjeux plus graves ? N’oublions pas que l’ex-président, maintenant privé de pouvoir, cherche sans doute à conserver une certaine visibilité médiatique. De plus, après sa chute en août 2023, il est devenu un simple citoyen, surveillé et réprimé dans un Gabon sous contrôle militaire. De là à penser qu’il ait monté une histoire aussi rocambolesque pour attirer l’attention et alimenter le mythe de sa “victimisation”, il n’y a qu’un pas.
Les oiseaux de la collection privée de l’ancien président Ali Bongo Odimba qui ont disparus dans sa résidence de Libreville. (Images – McDonald Wildlife Photography In)

Autre piste à considérer : Ali Bongo pourrait utiliser cet incident pour jouer la carte de la victime. Un ancien président, toujours enfermé dans sa résidence sous haute surveillance, et dont les oiseaux sont volés, voilà une histoire qui touche les émotions. Ce genre de récit pourrait lui permettre de renforcer l’image d’un “perdant” qui souffre d’un “détournement” de son pouvoir, tout en cherchant à faire passer un message : celui d’une absence de sécurité qui le met en danger. Une manière subtile de donner l’impression qu’il n’a plus le contrôle sur sa propre vie, comme il n’a plus de pouvoir sur son pays.
On pourrait aussi se demander si ce vol n’est pas une tentative d’Ali Bongo de démontrer au monde extérieur que, même dans sa retraite forcée, il n’est toujours pas en sécurité et qu’il n’a aucun pouvoir réel. Peut-être cherche-t-il à faire passer le message que, même après son renversement, il continue de subir des injustices, comme s’il était encore un “prisonnier politique”. Après tout, cet ancien président n’a-t-il pas appris à manipuler l’opinion nationale et internationale à son avantage ? N’oublions pas que le Gabon, à travers ses divers bouleversements politiques, a attiré l’attention internationale et les feux des projecteurs. Un tel incident pourrait être l’occasion pour lui de mobiliser à nouveau des soutiens, tout en alimentant l’idée qu’il n’est pas l’instigateur du chaos dans lequel le pays est plongé.
Alors, doit-on croire à cette histoire de vol d’oiseaux ? En toute honnêteté, il est difficile d’y accorder une totale confiance, surtout lorsqu’on connaît l’histoire politique de l’homme derrière cet incident. Ali Bongo n’est pas un novice en matière de manipulation. Après 14 ans à jouer avec les ficelles du pouvoir et à mentir ouvertement à son peuple, il paraît peu probable que cette histoire soit une simple coïncidence. Peut-être est-ce une diversion de plus, une manière pour lui de rester dans le paysage médiatique tout en alimentant une narrative de victime. Mais, dans ce climat de méfiance, où l’histoire de sa propre chute est encore fraîche dans les mémoires, difficile de ne pas se demander si ce n’est pas là une autre tentative de manipulation, un coup tordu digne du personnage qu’il a incarné durant plus de 14 ans.









