À Brazzaville, le temps peut passer, les générations peuvent changer, mais Denis Sassou Nguesso, lui, ne bouge pas. À l’issue du sixième congrès ordinaire du Parti congolais du travail (PCT), le président congolais a été une fois de plus officiellement investi candidat à l’élection présidentielle de mars 2026. À 82 printemps bien sonnés et plus de quatre décennies passées aux commandes, le « vieux crocodile » de la scène politique congolaise prouve qu’il a encore de solides mâchoires… surtout quand il s’agit de s’accrocher au pouvoir.
Près de 3 000 délégués, soigneusement alignés et visiblement convaincus que l’alternance est une option exotique, ont validé sans surprise cette candidature. Une scène déjà vue, revue et re-revue, qui rappelle d’autres vétérans du pouvoir en Afrique centrale et de l’Ouest, à l’image de Paul Biya ou Alassane Ouattara, pour qui quitter le palais présidentiel semble être une idée plus effrayante que la réforme politique.
Pendant que la jeunesse africaine parle d’avenir, d’emploi et de renouveau, certains dirigeants préfèrent visiblement parler de continuité, de stabilité et de fidélité au passé. Après Alpha Condé, Félix Tshisekedi ou Adama Barrow, le message est clair : l’expérience compte… même quand elle dure un demi-siècle.
Au Congo-Brazzaville, pourtant, le décor est moins reluisant que les discours. Chômage, pauvreté, routes en ruine et espoirs cabossés rythment le quotidien des Congolais, pendant que le président sortant assure, imperturbable, qu’il est encore l’homme de la situation. À 82 ans, la promesse du « changement » ressemble davantage à une vieille cassette qu’on remet en lecture automatique.
À moins de trois mois du scrutin, le pays se retrouve face à un choix presque philosophique : tourner la page ou relire le même chapitre pour la énième fois. Une question flotte dans l’air de Brazzaville, aussi persistante qu’un refrain connu : jusqu’à quand les “vieux crocodiles” de la politique africaine continueront-ils à verrouiller le pouvoir pendant que la relève attend au bord de l’eau ?









