À Libreville, le marché de Nkembo est devenu un véritable théâtre de la honte nationale. Depuis des années, sous les yeux de tous, la drogue et divers excitants se vendent à ciel ouvert, notamment aux abords de la pharmacie non loin du carrefour Saint-Michel. Ce commerce illicite prospère dans l’indifférence totale de ceux qui sont censés protéger les citoyens. Où sont la DGSS et l’OCLAD, structures pourtant spécialisées dans la lutte antidrogue ?
La méthode des dealers est d’une désinvolture révoltante. « Tonton, tu veux le bleu ou le rouge ? » interpellent-ils les hommes d’un certain âge en quête de solutions à leurs problèmes intimes. Les gélules proposées, destinées normalement aux personnes souffrant de démence, ne devraient être accessibles que sur prescription médicale. En parallèle, les jeunes garçons et filles, eux, sont racolés pour des drogues plus dures.
Les phrases « Tu veux quelque chose de fort qui te fera planer ? » résonnent dans l’air comme un défi lancé aux autorités. Ce commerce illégal se déroule à quelques mètres seulement de la Direction de la Sécurité Publique, où des dizaines d’agents de police observent sans lever le petit doigt.






Ci-dessus , images du lieux amblematique de ce trafique
Les témoignages des riverains révèlent une vérité encore plus scandaleuse : « Ces enfants travaillent avec des agents de sécurité », confie une vendeuse de tomates. Difficile de savoir à quel corps appartiennent ces agents, mais une chose est sûre : les dealers bénéficient de puissants protecteurs. Certains parlent même de policiers qui ferment les yeux après avoir empoché quelques billets de banque.
Dès lors, comment s’étonner qu’aucune mesure ferme n’ait jamais été prise ? Comment expliquer ce silence complice, sinon par une corruption qui gangrène les forces censées défendre la République ?
Les conséquences de ce trafic sont dévastatrices. Certains utilisent ces stupéfiants pour droguer des femmes à leur insu, avant d’abuser d’elles. D’autres jeunes, désœuvrés et acculés par le chômage, se lancent dans ce commerce lucratif qui détruit des vies. Pendant ce temps, l’État, qui se targue de restaurer ses institutions, laisse prospérer un phénomène qui sape son autorité et sabote la vision du Chef de l’État.
Le marché de Nkembo est devenu le symbole d’une République bafouée par l’impunité et la complicité des forces de l’ordre. DGSS, OCLAD, Direction de la Sécurité Publique : combien de temps encore allez-vous détourner le regard ? Laisser la drogue circuler librement au cœur de Libreville, c’est trahir la jeunesse, c’est piétiner la justice, c’est détruire la société.
Il est temps que les plus hautes autorités prennent enfin leurs responsabilités. Car à Nkembo, la République vacille, sous les rires cyniques des dealers et le silence coupable de ceux qui devraient les arrêter.











