Le Consulat Général du Gabon près la République du Bénin a annoncé, avec regret, le décès de notre compatriote Madame NZONG-NDONG Brigitte, survenu le 08 mars 2026 à Lokossa au Benin . À ce jour, ses parents et proches restent introuvables, et un appel a été lancé à toute personne susceptible d’aider à identifier sa famille.

Mais derrière cet avis officiel, une réalité bien plus dérangeante refait surface.
Depuis plusieurs années, les services diplomatiques gabonais au Bénin sont régulièrement confrontés à une situation alarmante : celle de compatriotes abandonnés à leur sort, bloqués à Lomé, sans moyens de subsistance, et surtout sans possibilité de rentrer au pays. Certains y passent des mois, parfois près d’un an ou plus, réduits à survivre dans des conditions précaires, dépendant de la solidarité ou contraints à la mendicité.
Face à ces détresses, une constante revient : l’absence de budget évoquée par l’ambassade pour justifier l’impossibilité d’apporter une assistance concrète, notamment pour financer un simple billet de retour, dont le coût tourne autour de 300 000 FCFA. Il faut alors, dans bien des cas, l’intervention des activistes, des internautes ou des médias pour faire pression et débloquer certaines situations.
Aujourd’hui, une question s’impose avec acuité.
Que va-t-il advenir du corps de Madame NZONG-NDONG Brigitte ?
Comment cette Gabonaise s’est-elle retrouvée au Bénin ? Qui était responsable de son suivi ou de son encadrement ? Avait-elle un tuteur légal ? Et surtout, sa famille, une fois identifiée, aura-t-elle les moyens de rapatrier sa dépouille au Gabon ?
Car la réalité financière est implacable : si l’État, à travers ses représentations diplomatiques, peine à mobiliser quelques centaines de milliers de francs pour permettre à un citoyen vivant de rentrer chez lui, qu’en sera-t-il du rapatriement d’un corps, dont le coût peut être cinq à dix fois supérieur ?
La question dépasse le simple cas individuel. Elle interpelle sur la responsabilité de l’État envers ses citoyens à l’étranger, vivants comme décédés. Elle pose aussi le problème du suivi des Gabonais en situation de vulnérabilité hors du territoire national.
Entre silence administratif, contraintes budgétaires et indignation publique, l’affaire NZONG-NDONG Brigitte devient un symbole troublant.
Une énigme demeure : le Gabon laissera-t-il encore une fois la pression populaire faire le travail de ses institutions, ou assumera-t-il enfin, pleinement, son devoir envers ses enfants, même au-delà de ses frontières ?





