Nous l’avions promis : nos investigations allaient se poursuivre autour de ce scandale d’État qui secoue la présidence gabonaise. Aujourd’hui, les faits sont clairs, les témoignages concordent et les responsabilités apparaissent avec netteté : le principal et unique acteur de cette trahison s’appelle le lieutenant-colonel Akama.
Celui qui devait être le bouclier du chef de l’État s’est transformé en danger pour la République. Comment comprendre qu’un homme installé au cœur du cercle le plus restreint du président Brice Clotaire Oligui Nguema, bénéficiant de privilèges que peu peuvent imaginer salaires confortables, logements, véhicules, avantages multiples — choisisse malgré tout de se compromettre dans une affaire d’enlèvement, de rançon et de honte nationale ?
La cupidité d’Akama dépasse l’entendement. Si ce qu’il reçoit ne lui suffit pas, que serait-il prêt à faire pour plus ? Vendre son pays ? Livrer son propre parent, le président lui-même, au plus offrant ? Tout porte à croire que oui. Car celui qui trahit son honneur, celui de la République et celui de son bienfaiteur pour de l’argent, accepterait sans doute de voir le chef de l’État déposé si cela remplissait ses poches.
Les preuves existent : les échanges de tirs, les blessés dont un ressortissant chinois et les témoignages recueillis montrent à quel point cette opération a mis en péril la sécurité nationale.
D’après les informations qui nous sont parvenues, le ressortissant chinois gravement touché ainsi que plusieurs éléments de la sécurité appartenant à la Garde républicaine (GR) se trouveraient actuellement dans un centre hospitalier, où ils reçoivent des soins.
Le magazine Super Star leur souhaite un prompt rétablissement et espère que rien ne leur arrivera durant leur convalescence. Mais il importe aussi que toutes les personnes impliquées dans cette affaire, y compris ces agents et le colonel Akama lui-même, soient entendues par la justice une fois leur état de santé stabilisé. Car nul ne doit échapper à sa responsabilité dans un acte aussi crapuleux.
Dès lors, la conclusion s’impose : le colonel Akama doit être démis de ses fonctions et traduit devant la Haute Juridiction militaire. C’est une question de sécurité nationale, d’honneur pour la République et de protection pour le président Oligui lui-même.
Il ne s’agit pas d’un règlement de comptes, mais d’un impératif d’État. La France l’a démontré lorsque le président Emmanuel Macron a limogé l’un de ses plus proches gardes impliqué dans des affaires humiliantes. Le Gabon ne doit pas faire moins.
L’enquête que nous avons menée le confirme : tous les indices convergent vers un seul et unique responsable, Akama. Aucune diversion, aucune manœuvre d’intoxication ne doit détourner l’attention de ce fait central.
Il est temps que la justice militaire se saisisse de cette affaire avec toute la rigueur qu’exige une telle trahison. Car laisser ce forfait impuni reviendrait à envoyer un message dangereux : celui que l’on peut vendre la République sans en payer le prix.





