Une nouvelle mobilisation citoyenne se profile à Makokou. L’activiste Bemvone Be Nze a annoncé l’organisation d’une marche le samedi 30 mai 2026 pour dénoncer ce qu’il qualifie d’« instrumentalisation de la justice » et exprimer son soutien aux « prisonniers politiques ».
Prévue sous les slogans « Ensemble pour la justice, la liberté et la dignité » et « Notre voix, notre force », cette manifestation devrait converger vers le terre-plein de la tribune de Makokou. Les organisateurs évoquent également des départs spontanés depuis le Pont de l’Ivindo et le Pont de N’Tang.


Bemvone Be Nze poursuit son combat engagé sous le régime d’Ali Bongo Ondimba.
Dans une déclaration qui suscite déjà de nombreuses réactions, l’activiste affirme :
« Si on avait eu peur de dénoncer la façon de faire d’Ali, on n’aurait pas eu Oligui. Et si on ne rappelle pas à Oligui sa promesse de rompre avec l’ancien système, il ne changera pas les choses. »
À travers cette sortie, Bemvone Be Nze interpelle directement le pouvoir actuel conduit par Brice Clotaire Oligui Nguema. Selon lui, l’arrivée d’un nouveau pouvoir ne doit pas faire oublier les engagements pris en faveur d’une rupture avec les pratiques dénoncées sous le précédent régime.

L’activiste estime ainsi que les citoyens ont la responsabilité de continuer à exercer une pression démocratique sur les autorités chaque fois que certaines décisions ou méthodes rappellent, selon eux, celles du passé.
La question de l’autorisation de cette marche reste toutefois posée. Dans un contexte marqué par un encadrement strict de plusieurs manifestations et prises de parole critiques, l’attitude du ministère de l’Intérieur sera particulièrement observée.
Au-delà de la mobilisation annoncée à Makokou, cette initiative pourrait rapidement prendre une dimension nationale tant les débats autour des libertés publiques, de la justice et de la gouvernance demeurent sensibles dans le paysage politique gabonais.





