Dans la grande lessive politique qui a suivi la fin du Sénat de transition, un nom résiste, se détache et s’impose : Marc Ona Essangui.
Quand presque tout l’ancien bureau disparaît dans les archives de la transition, un seul homme revient par la grande porte. Un seul. Lui.

Ancien 4ᵉ vice-président du Sénat de transition, Marc Ona Essangui est aujourd’hui le seul rescapé de cette équipe à retrouver une place au sein du nouveau bureau du Sénat, désormais en qualité de 5ᵉ vice-président. Un fait politique lourd de sens. Un signal. Un message.
Car survivre politiquement à une transition n’est jamais un hasard.
C’est le résultat d’un ancrage local solide, d’une crédibilité nationale reconnue et d’un engagement constant dans la refondation institutionnelle du pays.
Dans le département du Woleu, le verdict des urnes a été sans appel : 100 % des voix, 0 % de suspense. Un score soviétique, diront certains. Une unanimité rare, diront d’autres. Mais surtout, une démonstration de force politique. Le Woleu n’a pas hésité. Il a parlé d’une seule voix. Et cette voix portait une fois de plus le nom de Marc Ona Essangui.
Cet homme que beaucoup présentent comme le renouveau politique du canton Kyé ne sort pas de nulle part. Son combat est ancien, connu et documenté. Longtemps avant d’entrer dans les arcanes du pouvoir, Marc Ona Essangui menait déjà une lutte frontale contre la corruption, l’opacité et le système clanique incarné par l’ancien régime.
À travers son ONG Brainforest, il a dérangé, dénoncé, exigé des comptes, réclamé la vérité, y compris sur des sujets sensibles comme la santé d’Ali Bongo.
Après le coup d’État du 30 août et l’arrivée du général Brice Clotaire Oligui Nguema à la tête du pays, Marc Ona Essangui n’a pas été un figurant de la transition. Il en a été un acteur, un bâtisseur, un stabilisateur. Son rôle dans la réforme institutionnelle et surtout dans l’implantation et la consolidation de l’UDB, le parti présidentiel, dans la province du Woleu-Ntem, est aujourd’hui unanimement reconnu.
Être le seul membre de l’ancien bureau du Sénat de transition à revenir dans le nouveau bureau, ce n’est pas seulement une victoire personnelle.
C’est une validation politique.
C’est la reconnaissance d’un travail, d’une constance et d’une loyauté dans un paysage où beaucoup ont disparu aussi vite qu’ils étaient apparus.
Marc Ona Essangui n’est pas seulement revenu.
Il a résisté.
Il a survécu.
Et surtout, il s’est imposé.
Dans un Gabon en quête de repères, cette continuité assumée, rare et assumée, en dit long sur le poids politique de l’homme.
Le Sénat change. Les bureaux passent. Les transitions s’achèvent.
Mais Marc Ona Essangui, lui, reste.
Et cela, dans le contexte politique gabonais, n’est jamais anodin.












