Le Conseil des ministres délocalisé du 18 septembre 2026 à Port-Gentil aura également été marqué par le renouvellement de plusieurs représentations diplomatiques gabonaises. À Malabo, le départ de Sébastien Ntoutoume Bekale ouvre une nouvelle séquence avec la nomination d’Aristide Ebang Essono.
Ce changement intervient dans la sérénité et surtout dans la continuité des relations entre Libreville et Malabo.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema, la Guinée équatoriale occupe une place particulière dans la diplomatie gabonaise. La proximité géographique, les liens historiques et culturels, la coopération sous-régionale, mais aussi certains dossiers sensibles, notamment celui de l’île Mbanié, imposent une diplomatie particulièrement maîtrisée.
Les relations entre les deux pays reposent également sur des intérêts économiques et des projets de coopération concrets. L’interconnexion énergétique en constitue un exemple, avec l’acte de signature relatif à l’interconnexion du réseau de transport d’électricité depuis la Guinée équatoriale pour l’alimentation de certaines villes du nord du Gabon. Une coopération qui illustre la volonté des deux pays de renforcer leurs liens au-delà des seuls échanges diplomatiques.
Nommé sous l’ancien régime, Sébastien Ntoutoume Bekale avait été maintenu à Malabo après l’arrivée au pouvoir d’Oligui Nguema. Cette décision avait permis de préserver une forme de continuité diplomatique dans une relation stratégique pour les deux pays.
Ancien journaliste, le diplomate aura évolué dans un contexte où chaque déclaration pouvait avoir des conséquences sur les relations entre Libreville et Malabo. Sur le dossier Mbanié notamment, la prudence et le respect de la ligne diplomatique du Gabon auront été essentiels pour éviter que les tensions ne prennent une autre dimension.
Avec son remplacement, le Gabon ne tourne donc pas le dos à Malabo. Il renouvelle simplement son équipe. Le nouvel ambassadeur aura pour mission de consolider les acquis, de renforcer la coopération et de poursuivre le dialogue entre deux pays voisins dont les intérêts communs dépassent largement les divergences ponctuelles.
Le changement décidé à Port-Gentil s’inscrit ainsi dans une recomposition plus large de la diplomatie gabonaise, à l’heure où la Ve République cherche à affirmer ses propres méthodes et priorités sur la scène internationale.
À Malabo, une page se tourne. Mais l’amitié gabono-équato-guinéenne, elle, continue de s’écrire.
Par Jean Hilaire Biteghe .





