La République gabonaise ne cesse de tomber dans l’abîme. Hier encore, Nazih, activiste sulfureux et provocateur notoire, déversait sur les réseaux sociaux un torrent d’insanités, d’accusations graves et d’indiscrétions mettant en cause des institutions aussi sensibles que la Direction Générale des Services Spéciaux (DGSS) ou la Présidence de la République. Aujourd’hui, c’est au tour de son ancien acolyte, Badecon en chef, recyclé en justicier numérique, de salir les mêmes institutions qu’il prétend désormais défendre. La boucle de la honte est bouclée.
Hier, Badecon en chef est monté au créneau via une vidéo Facebook digne d’un mauvais film d’espionnage. L’homme y joue au détective improvisé, exhibant documents, messages, photos, et invectives, dans un numéro de démolition publique de Nazih son ancien frère d’armes. Cette mise en scène grotesque n’a qu’un but : sauver l’image d’une DGSS désormais embourbée jusqu’au cou dans un feuilleton pathétique qui fait rire la planète entière.
Mais ce que l’on oublie trop vite, c’est que Badecon en chef fut lui-même, quelques mois auparavant, l’un des plus virulents détracteurs du régime d’Oligui Nguema. Ses vidéos incendiaires contre le président et ses collaborateurs pullulaient sur la toile. Jusqu’au jour où, selon plusieurs sources et vidéos, une enveloppe bien garnie est venue éteindre sa rage. Depuis lors, il aboie pour le compte du pouvoir. Ce retournement spectaculaire de veste s’est fait en direct, humiliant la fonction présidentielle et transformant la lutte politique en théâtre de marionnettes.
Ce que Badecon en chef révèle aujourd’hui sur Nazih n’est rien d’autre qu’un règlement de comptes entre deux pions manipulés. L’un servait à salir, l’autre est désormais mobilisé pour nettoyer à coups d’injures et de diffamations. Dans sa vidéo du 29 juillet, Badecon en chef dépasse toutes les bornes. Il insulte Nazih, l’accuse de trahison, révèle des informations confidentielles, et surtout, implique le directeur de cabinet du Président, Arthur Lemami, dans des circuits occultes de financement. Ce faisant, il étale à la face du monde l’incroyable porosité des services de renseignement gabonais.
Si Nazih a plongé la République dans la saleté, alors Badecon en chef l’a définitivement recouverte d’une boue infâme. Car désormais, les secrets d’État se traitent sur Facebook Live, les agents spéciaux sont livrés à la foule numérique, et les ennemis d’hier deviennent les idiots utiles d’aujourd’hui.
Ce spectacle sordide révèle une vérité plus grave encore : la République gabonaise est devenue une prostituée qu’on utilise, salit, puis oublie. Chaque activiste est un pion. Chaque séquence est une manœuvre. Après Nazih, c’est Badecon. Demain, ce sera un autre. Ils seront tous utilisés pour servir des intérêts obscurs pendant que les institutions sont traînées dans la boue. À ce rythme, plus personne ne croira aux services de l’État, à la Présidence, ni à la Justice.
Alors, posons-nous la bonne question :
Où était le Badecon en chef quand Nazih vomissait ses horreurs sur le Gabon ? Pourquoi n’a-t-il pas réagi à temps ? Était-il complice, ou déjà en mission d’infiltration ? Et surtout, qui sera le prochain pantin médiatique chargé de distraire un peuple en souffrance pendant que les vrais problèmes chômage, santé, éducation pourrissent la nation ?
La véritable blessure n’est pas Nazih. Ce n’est pas Badecon. C’est l’institution. C’est la République, livrée aux marchands de buzz. La Présidence n’est plus une autorité ; elle devient un sujet de moquerie sur TikTok. La DGSS, jadis redoutée, est aujourd’hui une simple case dans un jeu de société.
À force d’accepter l’indignité, le Gabon finira par ne plus en reconnaître la forme.











