Jeff Blampin, un combattant acharné pour la liberté du peuple gabonais, a brisé le silence ce matin avec un message qui résonne comme un coup de tonnerre. Torturé et emprisonné sous le régime tyrannique d’Ali Bongo, il a lutté corps et âme aux côtés de ceux qui promettaient le renouveau. Mais aujourd’hui, c’est la désillusion qui le consume. Face aux trahisons et aux petites manigances des hommes qu’il croyait autrefois être des frères d’armes, Jeff Blampin se dresse pour dénoncer un système corrompu qui n’a pas vraiment changé.
Dans un message poignant, il interpelle directement Mike Jocktane, ancien opposant et figure de la Plate-forme Alternance 2023. Il rappelle avec amertume son propre calvaire, lorsqu’il fut arrêté et séquestré par les services spéciaux de la présidence, avant d’être humilié publiquement à la télévision nationale comme l’un des instigateurs des révoltes dans les quartiers de Libreville. Abandonné par ses camarades, y compris Geoffroy Foumboula Libeka et son Comité de pilotage (Copil), Jeff accuse ces leaders de l’avoir laissé entre les mains des militaires pour quelques « petits accords ».
“Vous êtes méchants”, lance-t-il, la voix lourde de déception. “Je ne pourrais plus croire en vous. Vous êtes pire que les PDGistes qui donnaient les ordres pour tuer des Gabonais.” Pour lui, la trahison est encore plus insidieuse quand elle vient de ceux qui, autrefois, prêchaient le changement. Aujourd’hui, ils se partagent “le gâteau Gabon” sans un regard pour ceux qui ont donné leur vie pour cette lutte.
Jeff Blampin n’épargne personne dans sa dénonciation. Il évoque la disparition de Jean Ping, ancien leader de l’opposition, que l’on ne voit plus sur la scène politique. Pourtant, il l’a récemment aperçu lors de la présentation du rapport final du Dialogue des amis du président de la transition. Ping esquissait même quelques pas de danse au gymnase de Petit Paris, célébrant apparemment un retour en grâce avec ses anciens alliés du PDG, le parti qu’il critiquait jadis.
« N’oubliez pas que les morts ne sont pas morts. Ils vous observent », rappelle-t-il avec gravité. Les martyrs de cette lutte n’ont pas disparu. Leur mémoire hante chaque manœuvre sournoise, chaque accord clandestin passé derrière les rideaux de la transition.
Dans ce cri de désespoir, Jeff Blampin incarne la voix de tous ces citoyens gabonais désabusés par ceux qui ont pris les rênes du pouvoir après la chute du régime Bongo. Malgré quelques efforts notables réalisés par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) sous la direction d’Oligui Nguema, beaucoup dénoncent aujourd’hui l’injustice persistante, le favoritisme et le clanisme qui gangrènent le nouveau régime.
Mais ce qui blesse le plus Jeff et tant d’autres, c’est la trahison des anciens combattants. Ceux qui, autrefois, prônaient un renouveau, mais qui, une fois au pouvoir, ont mis de côté ceux qui les avaient épaulés dans la lutte. Leurs méthodes n’ont pas changé : “la raison du plus fort” continue de régner, et les mêmes visages qui ont servi le régime Bongo tiennent désormais les rênes de la soi-disant reconstruction.
“Je refuse dès maintenant”, clame Jeff Blampin avec détermination. “Je défendrai le Gabon avec l’aide de notre Seigneur Jésus-Christ, et non celui des hommes.” Son message est clair : la lutte ne s’arrête pas avec le changement de régime. Tant que l’injustice, le favoritisme et la trahison gangrènent le pays, le combat doit se poursuivre, guidé cette fois non par les hommes, mais par une foi inébranlable en un Gabon libre et juste.
Le cri de Jeff Blampin résonne aujourd’hui dans les cœurs de nombreux Gabonais. Ceux qui ont cru au renouveau, mais qui voient, encore une fois, leur espoir trahi.
