Il y a des silences qui hurlent plus fort que mille discours. Et celui du monde militant gabonais face au deuil d’Alain Gautier Mvomo est assourdissant, glaçant, honteux.
Il y a quelques jours, plusieurs médias, dont Radio Moscou de Bob Mengome alias Matricule 212 ont relayé la triste nouvelle : le père d’Alain Gautier n’est plus. En homme digne, malgré la douleur, Alain Gautier s’est exprimé, le cœur en miettes, appelant ses camarades à faire preuve de solidarité, à dépasser les querelles inutiles, à s’unir dans l’humanité. Mais que voit-on ? Rien. Un désert d’indifférence. Une trahison collective.
Où sont passés les activistes si prompts à poster des directs enflammés, à appeler à l’union des cœurs pour la patrie ? Où sont les Stéphane Zeng, les Amiang Washington, les grandes gueules de la diaspora ? Où sont les compagnons de lutte, les porte-drapeaux des causes nobles ? Leur silence est une insulte, une gifle au visage de celui qui, aujourd’hui, ploie sous la perte d’un père. Et qu’on se le dise : perdre un père, ce n’est pas une anecdote, ce n’est pas un fait divers. C’est un effondrement.
Quand un artiste décède, les hommages pleuvent, les photos circulent, les dons s’organisent, les mots réchauffent. Mais lorsqu’un activiste perd un pilier de sa vie, c’est l’oubli qui s’installe. Le militantisme serait-il devenu un terrain d’égo et d’opportunisme, où la compassion s’évalue au nombre de vues, et la solidarité au gré des affinités ?
Camarades, ce n’est pas une attaque, c’est un rappel violent : la fraternité ne s’éteint pas quand les projecteurs s’éteignent. Elle se manifeste surtout quand les cris s’arrêtent et que le silence du deuil demande des présences, même discrètes.
Un proverbe le dit bien : “Aujourd’hui c’est lui, demain ce sera vous.” Alors, que chacun prenne ses responsabilités. Qu’il s’agisse d’un mot, d’un message, d’une modeste cotisation : tout geste compte. Ce n’est pas la taille de l’aide qui fait l’humanité, c’est la sincérité de la main tendue.
À ceux qui ont encore un soupçon de conscience, il est encore temps de réagir. À ceux qui préfèrent le confort de leur indifférence, souvenez-vous : la mémoire collective n’oublie jamais ceux qui ont fui quand il fallait simplement être là.
