Il fallait s’y attendre : à force de vouloir trop en faire, certains Kounabeliste zélés finissent par desservir la cause qu’ils prétendent défendre. C’est exactement ce que révèlent ces vidéos manifestement générées par intelligence artificielle, censées promouvoir l’image du Président de la république, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le problème est évident : dès le premier visionnage, on perçoit sans effort le caractère artificiel, figé, presque grotesque de ces images. Loin de rehausser l’aura du Président, elles exposent plutôt leur auteur à la moquerie publique. Et, dans une spirale de désinformation désormais bien rodée, certains iront jusqu’à affirmer, sans preuve, que c’est le Chef de l’État lui-même qui aurait commandité une telle absurdité.
Quelle faute politique et communicationnelle ! En agissant ainsi, les “kounabelistes”, ces thuriféraires maladroits du pouvoir, ne servent ni la République, ni l’homme qu’ils prétendent soutenir. Ils l’enferment dans une posture de chef déconnecté, qui aurait besoin de subterfuges numériques pour exister dans l’opinion. Une insulte à la stature réelle de celui qui incarne aujourd’hui la 5éme république au sommet de l’État.
Le paradoxe est cruel : là où l’on prétend valoriser l’image du Président, on ne fait que l’écorner davantage. Car dans un contexte politique aussi sensible que celui que traverse le Gabon, la crédibilité du Chef de l’État repose d’abord sur la vérité, la simplicité et l’authenticité, non sur des artifices numériques douteux où des marches de soutien arrangées de toute pièce .
Ces maladresses doivent cesser, et vite. La gestion d’une transition exige sérieux, rigueur et respect de l’intelligence des citoyens. Alimenter l’espace public avec des contenus artificiels sans consistance ne fait qu’alimenter les suspicions et renforcer le camp des sceptiques. Si réellement l’on veut soutenir le Président Oligui, mieux vaut s’en tenir aux actes concrets et à la communication sobre, fidèle à l’esprit de responsabilité qu’appelle la situation actuelle du pays.
L’excès de zèle est parfois plus dangereux que l’inaction. Ceux qui l’ignorent prennent le risque de nuire au Chef de l’État plus qu’ils ne l’aident.









