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Procès de Sylvia Bongo : le destin d’Oligui se joue entre vérité libératrice et mensonge destructeur du régime.

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Lundi 10 novembre 2025, le palais de justice de Libreville n’a pas été le théâtre d’une réconciliation entre la justice et la vérité, mais celui d’une mise en scène ratée. Ce qui devait être un moment de clarté pour le Gabon s’est transformé en une opération de communication maladroite, où le pouvoir, dans sa volonté de contrôler la narration, s’est pris à son propre piège.

Sous le soleil brûlant, des dizaines de jeunes, t-shirts et banderoles à la gloire du chef de l’État, s’égosillaient à vanter le « père de la Transition ». Mais cette ferveur fabriquée n’a trompé personne. Dans la rue comme sur les réseaux, les Gabonais ont vu un spectacle, non une justice. Et ce spectacle, orchestré pour asseoir l’autorité du pouvoir, n’a fait que révéler sa fragilité.

Dès l’ouverture du procès, les incohérences ont jailli comme des éclats de vérité refusée. L’un des principaux accusés, Saliou Mohamed Ali, censé témoigner, brille par son absence. L’audience est suspendue, les explications se contredisent. Le directeur de la prison évoque un problème de santé, pendant que d’autres affirment que l’homme a quitté le pays depuis des mois. La confusion règne, la crédibilité s’effondre.

Tout cela montre un malaise plus profond : celui d’un pouvoir qui veut convaincre sans convaincre, punir sans prouver, juger sans justice. Ce procès, voulu comme la démonstration d’une rupture, devient au contraire le miroir d’un système qui reproduit les réflexes du passé : mensonge, manipulation, opacité.

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La vérité, dans cette affaire, aurait pu libérer le régime Oligui Nguema. Elle aurait pu affirmer sa différence face à l’ancien pouvoir, marquer une ère de sincérité et de justice réelle. Mais en préférant les apparences, en multipliant les contradictions, le pouvoir a choisi le mensonge ce poison lent qui ronge les régimes de l’intérieur.

Aujourd’hui, le peuple ne regarde plus Sylvia Bongo ni son fils. Il observe Oligui Nguema. Il se demande s’il sera l’homme du redressement ou celui de la dissimulation. Car dans ce procès, ce n’est plus la famille Bongo qui est jugée, c’est la promesse même de la Transition.

Il est encore temps pour le chef de l’État de changer de cap. Dire la vérité, toute la vérité, n’affaiblit pas un dirigeant ; c’est le mensonge qui le tue à petit feu.
Le peuple gabonais n’attend pas une mise en scène, mais un acte de courage. Et Oligui en est parfaitement capable, à condition qu’il rompe avec cette tentation du contrôle total, du discours fabriqué et des vérités étouffées.

Ce procès aurait pu être celui de la justice retrouvée, il risque de devenir celui d’un pouvoir qui se renie.
Car dans l’histoire des nations, les dirigeants ne sont pas jugés par leurs communicants, mais par leurs actes.
À cet instant charnière, Oligui Nguema doit choisir : être l’homme de la vérité qui libère ou celui du mensonge qui tue.
L’avenir du pays et sa propre crédibilité dépendent désormais de ce choix.

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